Fantasme à deux lectures – V
“Most of the things that you say
I don’t understand but I will sit and listen
I nod along attentively
But the truth is I cant concentrate”
Colour of the trap, MK
Te plaquer, je le voudrais
On en découdrait alors
Braquant le flou sur un cran : désir
Te plaquer je le voudrais, le désire
L’opaque en toi, le déchirer
On s’appliquerait contre la table
Mes mains à la rencontre de tes hanches agitées
Je te piquerais, de pensées tout sauf hostiles
Mes mains se contenteraient de te contraindre
Je te conterais, du bout des lèvres, une ivresse
Je soulèverais tes hanches, sans cesser de les étreindre
Je te ferais t’asseoir à table, pour éteindre ton flou
Quitte à mettre un rasoir sous l’état vulnérable
Je déferais pantalon, pull, ces habits consumables
Tes fesses en glisseraient, grand talent à l’ombre du désir
Quand ta langue au sombre devrait se rendre
Essayer, à la mienne et quitte à sombrer, de tendre
Signer un baiser, signe d’hospitalité
Pour dire un biaisé : sois libre d’entreprendre
Et je te prendrais par les hanches, décocherais mes questions
J’écorcherais ta peau ou celle de tes pensées, pour qu’elles dégorgent
Je ne t’apprendrais rien, cette anse inconsciente te revient
C’est en se battant que je glisserais, au battant de tes seins
Je feindrais d’être abattu, de m’effondrer soudain
Je découdrais d’en bas vois-tu, ce qui fonde et s’ouvre ainsi
Je serais souverain silencieux, collectant l’onde en sel
L’onde en toi, qui ensorcelle l’armature de ton esprit
Il en sortirait de toi, une larme à l’allure de sens
D’un sortilège des sens, descendu te désarmer
Des cendres à ton anse, je ferais des brasiers
Du sang irriguant tes jambes et leur mince excroissance
J’irais à gué entre conscient et inconscient, inciser
Je te contraindrais sans que tu consentes à dire
Et tu dirais en larmes, sel et soupirs, ta parole véritable
Et moi j’étudierais cet angle, en m’arrogeant tes jambes
A tes hanches ma tête hocherait, attentive
A t’enivrer, à t’en faire virer vermeille
Sur toi je me pencherais encore, partante ou rétive
Partant du fait qu’il y ait des chances que tu partes
Surseoir alors, en chassant ce trouble à tes portes
Et je porterais tes jambes, mettant ton port à mes épaules
M’efforçant d’enjamber ton contrôle, qui a emprise
Sans effort inverser tes pôles, leur faire lâcher prise
Te plaquer je le voudrais, troublé par tes versants
Ces versants d’enfer, avec lesquels tu es aux prises
Le craqueler je le voudrais, t’en faire voir ce qu’il irise de profondeur
De doigts en ferveur, dans une profusion enfouie
Que j’en sois ou non, que tu partes ailleurs
Prends en ta part de fusion, d’inconscient batailleur
Je sus qu’on brûlait, tu succomberais de vrilles et colères intérieures
De ce que j’aurais susurré, de ce que tes lèvres diraient
Car je n’aurais rien suturé mais été lave, illusion ou veilleur
Je te couverais, comme un magma que ma bouche assiègerait
Toi sur ton siège à errer, attablée à toucher mes cheveux
A en trembler je te révèlerais, la couleur du piège
En tremblements j’aspirerais le suc, le sel à la pâleur
A ta joue ou à tes lèvres, je déjouerais la pile de larmes et pulsions
Détourant la couleur du piège par impulsion
Détour en frictions et collisions, légères
Des torrents d’un genre de souple éruption
De toi rendue à toi-même après la gêne d’une intrusion
De moi fendant une faille, au pelage qui se refermerait
De moi enduit de ce parfum, irruption qui m’assaillirait
Jules
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle