Et non pas mes peurs
« Alimentar mi confianza y no mis miedos -> que paralizan »
« Alimenter ma confiance » et quels aliments terribles te donnas-tu !
En tailladant mes jambes, en interrompant ma main
Me poussant dans un vécu terne, à l’écrire moins et t’attendre
« … et non pas mes peurs » et nos pas étaient astreints
A ce train de sénateur, comme l’eut chanté un homme de Sète…
Qu’eut fait un homme de cette envergure-là ?
Se laisse prendre dans tes pesanteurs ? « … qui paralysent »
Qui par l’allure suintaient d’un pus permanent
Tel est le sort du mouvement retenu : l’impureté
Quand pour toi j’aurais déployé des étendues
Et peut-être encore, des ailes, mais c’eut été…
A condition que tu t’adosses, plutôt que tu me cabosses
Peut-être avais-je l’air têtu, la caboche pleine de : partir
Mais toutes mes obsessions n’étaient pas vaines, et tu en étais une
Jusqu’à pour toi faire exception et accepter une vie
Moins pleine, moins entière, moins fidèle : loin
Du fil des liens qui me tissent des ancrages au monde
Et j’enrage chaque jour, de ne pas t’avoir fait voler sur ce tissu
D’un rien j’aurais pu, mon énergie n’était pas encore tarie
Mais j’ai fait tapis, jouant toutes mes convictions, nées d’expériences
Et j’ai épousé ta vie, qui était trop petite pour deux et plus
Qui avait la purulence de certains passés à quitter
Et je me suis rendu coupable d’une injustice manifeste
Celle d’avoir dit oui à ton piètre Est, puis viré
D’une pierre lestée dans l’édifice fragile de nos cartes
Reprenant Nord sur la mienne, reprenant mes esprits
Mais méprisant aussi mes sentiments, qui demandaient ta présence
Apprenant ainsi qu’il ne faut composer qu’avec ce dont on sait se jouer
Pour que l’harmonie demeure, dans l’amour et les maisons qu’il habite
Tandis qu’à présent mes ombres l’abritent
Ayant quitté le taudis d’une vie m’enclavant dans la noirceur
Pour une masure qui manque de toi
Mais à l’air libre pour sûr, des étoiles me gravant de cent lueurs
Jean-Marie Loison-Mochon