Elle part
« Avec ou sans toi je pars
Vois-tu ce train qui nous ramène ?
Il est en moi comme en marche
Je ne mâche pas mes mots, je le veux
Il est temps, le temps d’homme est bien trop court
Ce train court en moi comme un caprice, une flamme
L’île est en moi, du moins dans mon passé récent
Matrice ou pas je m’y empresse, car ce train déjà part
La dilettante du quotidien je la veux là-bas, c’est assez récent
Je m’attriste en t’en parlant mais le train presse et j’oublie
L’oubli délitera la tristesse, viens !
Mais même si tu ne viens pas, je vais
Je sais que je m’essaime sous l’effet de l’enthousiasme
Que je nous sème, la page voile à peine l’après
Sous l’effet du temps passé je me sens si dépossédée
D’une peau si récente, d’une mue que j’aimais tant
Je t’aime et tant pis, les tropiques de mon désir me pressent
Le temps pique et ce train déjà nous ramène
Mon envie d’avion prime et la prochaine fois…
Cette île qui nous a vus, elle s’amènera sous moi seule
Pour une moisson d’ « avant » brûlants sûrement
C’est illusoire de s’aimer si l’on ne s’aime pas soi
Et la femme que je suis hurle en moi :
Je pars avec ou sans toi »
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle