Des îles et des cimes - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Des îles et des cimes

A la recherche du désir

A gamberger au désert

A espérer dénicher des îles

De grands vergers aux airs d’expiatoire

A la recherche de l’estime de soi

Grandement ravagée, en de vraies errances

En des cimes de ronces : patauger

Le désir et l’estime sont des aires vengeresses

A l’envers ils te ravinent, te dépècent

A l’endroit t’acheminent, te dépêchent vers l’allégresse

Tu es jeune mais as cheminé déjà

Là les grosseurs de coups qui minent

Ceux de ces sales heures, à déjeuner du venimeux

Mais l’allégresse a le pouvoir de ressurgir

Homme ou gosse, il faudra fuir et t’envenimer

De temps venus maltraiter l’enduit rayonnant

Rayonnons alors, en satellites noirs et violents

Bâillonnons le vent dans d’évasifs violets

L’émotion est au ciel quand il se délite

Telle est la décoction de la nuit : bariolée

Les moussons d’actions ne sont que d’inutiles pluies

Sous les mots, sonde plutôt ta rive isolée

Il arrivera qu’en lion tu ne saches plus t’oser

Mais fuis, les inutiles pluies d’actions

Leur rivage est inertie, il y erre un parfum de ravages

Fuis, fais-en ton vénérable repli

Erre s’il le faut, décime tes énergies en colères

Il en émergera de l’intolérable et des êtres détestables

Mais si tu nages assez loin, peut-être, enfin rendu vulnérable

Qu’il neigera non plus de cendre mais d’ivresse

Tu sauras que je dis vrai, seulement si tu t’essaies

A divaguer et semer tes matrices matérielles

Martyrise-toi, et pas seulement si tu t’en sens

Car c’est en sang que l’on s’irise, comme une eau de puits

Cet ensemble est envol, quand tu te laves de toi

Oui comme une lave, qui du volcan dévaste

Car tu es vaste et si des cimes tu dévales…

Peut-être en des vallons d’abysses, recueilleras-tu l’aval

-Car tu es vasque-

L’accord, en toi d’être abyssal ou dissemblable

Et des cimes en toi, des sommets à naître

Des îles peut-être, en homme à naître

Commets l’impensable et hisse la terre

Des puits et volcan, dévaste et projette

Projette-toi au-devant, au devenir

En déviant tu deviendras, des cimes, des îles

Et n’oublie plus que l’estime et le désir

Sont des puits et volcan qui communiquent

Qui ne nous veulent qu’en ayant la liberté dépliée

Qu’embryon d’allégresse dépouillée

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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