Des îles et des cimes
A la recherche du désir
A gamberger au désert
A espérer dénicher des îles
De grands vergers aux airs d’expiatoire
A la recherche de l’estime de soi
Grandement ravagée, en de vraies errances
En des cimes de ronces : patauger
Le désir et l’estime sont des aires vengeresses
A l’envers ils te ravinent, te dépècent
A l’endroit t’acheminent, te dépêchent vers l’allégresse
Tu es jeune mais as cheminé déjà
Là les grosseurs de coups qui minent
Ceux de ces sales heures, à déjeuner du venimeux
Mais l’allégresse a le pouvoir de ressurgir
Homme ou gosse, il faudra fuir et t’envenimer
De temps venus maltraiter l’enduit rayonnant
Rayonnons alors, en satellites noirs et violents
Bâillonnons le vent dans d’évasifs violets
L’émotion est au ciel quand il se délite
Telle est la décoction de la nuit : bariolée
Les moussons d’actions ne sont que d’inutiles pluies
Sous les mots, sonde plutôt ta rive isolée
Il arrivera qu’en lion tu ne saches plus t’oser
Mais fuis, les inutiles pluies d’actions
Leur rivage est inertie, il y erre un parfum de ravages
Fuis, fais-en ton vénérable repli
Erre s’il le faut, décime tes énergies en colères
Il en émergera de l’intolérable et des êtres détestables
Mais si tu nages assez loin, peut-être, enfin rendu vulnérable
Qu’il neigera non plus de cendre mais d’ivresse
Tu sauras que je dis vrai, seulement si tu t’essaies
A divaguer et semer tes matrices matérielles
Martyrise-toi, et pas seulement si tu t’en sens
Car c’est en sang que l’on s’irise, comme une eau de puits
Cet ensemble est envol, quand tu te laves de toi
Oui comme une lave, qui du volcan dévaste
Car tu es vaste et si des cimes tu dévales…
Peut-être en des vallons d’abysses, recueilleras-tu l’aval
-Car tu es vasque-
L’accord, en toi d’être abyssal ou dissemblable
Et des cimes en toi, des sommets à naître
Des îles peut-être, en homme à naître
Commets l’impensable et hisse la terre
Des puits et volcan, dévaste et projette
Projette-toi au-devant, au devenir
En déviant tu deviendras, des cimes, des îles
Et n’oublie plus que l’estime et le désir
Sont des puits et volcan qui communiquent
Qui ne nous veulent qu’en ayant la liberté dépliée
Qu’embryon d’allégresse dépouillée
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle