Audierne un soir d’hiver
Dans l’eau d’hier, nager
Nager d’un regard d’hiver
Et ce dauphin qui revient, dis voir
Qu’y voir, Audierne ?
Aux dires d’hier, qu’entendre ?
Qu’es-tu à m’tendre, Audierne ?
Dans l’eau d’hier, n’est-ce pas
Que naissent des pas futurs
Mais qu’ce n’est pas non sans souffrir
Car sous l’hiver y faut le vert ou bleu des yeux
Y faut lire le vert ou l’bleu du ciel
Impoli rituel, de r’garder dans les cieux
Dans les cimes du jour, garder les yeux
Darder de r’gards à la bascule
Voir une plage à deux cocardes et
Et que garder d’un soir d’hier, dis ?
Audierne, un soir d’hier
Un soir d’hiver je te quittai
Un soir d’hier je suis rev’nu
Hier soir hiver, venue nouvelle
Soir d’hiver hier, dauphin rev’nu
Audierne, dans l’eau d’hier j’le r’garde
Dans l’eau il erre et j’fais des mots flous
Dans l’fond d’l’hiver, à la bascule
Je m’fends dans les remous du crépuscule
Audierne à la nuit, dans des redoux
Dans des redoux radieux d’lune
Quand je n’redoute plus mais vais
Audierne à l’écoute, des eaux d’hier à nu
Jean-Marie Loison-Mochon