A la Pointe - Jean-Marie Loison-Mochon

A la Pointe

A la Pointe

Du monde ou de la main

Pas de la modernité mais du sauvage

On ne modère ni les pas ni les foulées

On y mord au sol, sauvages

A la Pointe on mordille un monde

Grisaille d’horizon, une Sein dans l’acier

Le corps acéré d’un océan d’hiver

Et l’on divague, j’aurais dit vert en des yeux

Je divague disais-je : les vagues sont grises

A la Pointe on se grise de vent

A la Pointe je noircis du temps

A la Pointe le temps noircira : tempête

Mais je serai loin, tentant de fuir

A la Pointe en tentatives d’élan

Des lenteurs j’ferai des invectives

D’élan j’effleurerai des yeux verts encore

Au corps un Sodade, sodade

Encore, encore, sous d’admirables rayons

Elan et collisions, Sodade

Mélancolie et illusions

Sodade, sodade, à la Pointe

A la Pointe de ma mélancolie

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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