A la Pointe
Du monde ou de la main
Pas de la modernité mais du sauvage
On ne modère ni les pas ni les foulées
On y mord au sol, sauvages
A la Pointe on mordille un monde
Grisaille d’horizon, une Sein dans l’acier
Le corps acéré d’un océan d’hiver
Et l’on divague, j’aurais dit vert en des yeux
Je divague disais-je : les vagues sont grises
A la Pointe on se grise de vent
A la Pointe je noircis du temps
A la Pointe le temps noircira : tempête
Mais je serai loin, tentant de fuir
A la Pointe en tentatives d’élan
Des lenteurs j’ferai des invectives
D’élan j’effleurerai des yeux verts encore
Au corps un Sodade, sodade
Encore, encore, sous d’admirables rayons
Elan et collisions, Sodade
Mélancolie et illusions
Sodade, sodade, à la Pointe
A la Pointe de ma mélancolie
Jean-Marie Loison-Mochon