Croquis poétique d’une étoile

Dans ma main, j’ai trouvé une étoile

Elle m’y a laissé un goût sucré

Qui, avant, aura jamais su de ce parfum secret ?

Eclats de la forme adressée

Dans ma paume, subtilement cachée

D’un regard je l’ai caressée, subitement : surpris

Petit homme tenant en ses doigts la création

D’une galaxie de sens et ce sans que personne ne lui ait demandé

Fidèle à ses principes, qu’on la dessine ici

Seule elle s’est immiscée, enduisant mes yeux

D’une lueur d’amusement, d’une clameur de beauté

Sa bogue avait la couleur d’une rose, mais pas la prétention

Humble sûrement, venant de ces prés sans fin qu’on dit vergers

Un bal assurant autant de semblables : sans que sur toutes les yeux puissent converger

Dans ce pré sans fin qu’on dit le ciel

Qui fourmille d’innombrables points blancs

Qu’on dirait cristaux de sel dans les vagues de la nuit

Dans ce présent qu’en dira cette étoile-là, dans ma main ?

Petite forme que la nature dessine au creux d’un fruit

Ici dans cette ville, d’où pas loin la mer moutonne et destine

L’appétit des horizons, par les airs, par les eaux

Oui, en nuages ou lames : là où s’y dessinent des moutons

Et l’apprenti propriétaire tout éphémère que je suis

D’une étoile, ténue dans ma paume

Tenue dans ma main, je l’ai croquée à nouveau

Elle avait toujours le pelage sucré, la peau irriguée au naturel

Et maintenant disparue, par l’appel de la faim évoquée

A l’appel de la fin de cette page :

Ici aussi, je l’aurai croquée

Jean-Marie Loison-Mochon

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