Croissant
“Kiss me underneath the moon’s side boob”
Arctic Monkeys
A la source : le chaos
A la nuit, des secousses de lueurs
Sur les eaux couleur-chaos d’la Penfeld
J’suis imparfait et trace au présent
Je trace un futur, en présentant mon ch’min
Ou le ch’min se présentant à moi, s’inventant pour moi
Car ça vous tend tout un monde, la route
Ça se tend comme un fil, une main, une écoute
Savoureux, d’avoir l’oreille d’la nuit
Ou la voile des lueurs, secouée à la surface
Un monde endormi, où je m’écoule en tracés
La glace est d’avril et l’onde est noirceur cosmique
On dénote mon ombre et moi : absents
Sans chercher à s’absoudre, on veut aller
De l’Ouest à l’Est, étaler du sang
Mes veines en sont pleines, des plaines à irriguer
Des plaies à iriser comme un sourire
D’autres à creuser, comme l’air par un soupir
Sous l’empire du mouvement, pour en rire
Je vais : pour me parcourir
Ce n’sont pas des pas courus mais deux lunes pleines
De roues cousues d’rayons-argent
Le métal est froid dans l’aube, au bord de moi
Alors j’aborde un mouvement, et l’autre suit
Mes roues sont des ombres, je les découvre en moi
J’emporte un élan, que je couve en moi
Car j’ai bien d’l’encre à cuver, couleur-chaos
Et c’est là au loin, dans ma noirceur cosmique
Que j’m’en vais délacer le vide, comme un nœud intérieur
Je dois l’dépasser : pour me parcourir
On ne peut l’effacer, le vide
Mais on peut dessiner d’ssus
Des idées d’Sud, d’Est
D’ssus des rivières imaginaires
Nommées Hyères ou Argent, Oust
Aller comme la poussière dans l’temps
Comme une poussée d’fièvre, d’où cette noirceur cosmique
Sans rebrousser chemin, dans l’sang
Mais dans l’temps, remonter l’passé brûlant
Détruire les châteaux d’cartes, branlants
Et réagglomérer par le simple fait de fuir
Sans se soucier d’sain ou malsain : amplifier la nuit
Et puis faire des signes de main
Comme la mienne tenant le sein
De ces croissants d’lune que j’descends
Argent
Jean-Marie Loison-Mochon