Chenal - Jean-Marie Loison-Mochon

Chenal

J’établis un canal

De l’Ouest aux Plantes

J’établis un canal

Comme de Brest à Nantes

J’ai tablé sur un mouvement entêté

M’entêtant comme à creuser un chenal

En chat nageant dans l’noir de la nuit

Engageant des rêv’ries au long d’rivières

Des rivières aux noms gageant du sens

Aux noms d’Argent ou Hyères

Au nom d’la souffrance et d’l’errance

Au long des monotonies : des canaux

J’ai tout mis dans l’mouvement

A en avoir l’tournis, le corps ouvert : béant

Et l’cœur en grand ouvert, à tous les vents

Toutes les lueurs contraires, toutes les pâleurs lunaires

Toutes les torpeurs du rêve, sorties des glaces

Sous ces doutes et peu d’repères, qui m’déplacent

S’écoulent à mesure que j’les écarte, ces glaces

Eclats d’ce mouvement démesuré

Dans un chenal que j’trace

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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