Comme un solstice à nos temps
Au fil des silences, j’palpite
Dans tes villes de chev’lure
Dans tes lèvres j’crépite
J’m’enfile de si lancinants instants
Entendant l’silence
Toi l’étendant, moi dans ton dos
L’silence en attendant ton souffle
Me hâtant dans ton dos
Tes fesses se débattant
Ce débat tendre entre nous
J’suis battant mais tant d’bâtons
J’suis battant tes bas tombèrent
Ce débat tendre entre nous
Tendre mais nous battons
Dans les roues d’la nuit
A s’enrouer sans bruit ou presque
A t’ébrouer sans bruit ou presque
Et comme une presqu’île à la jonction
Comme une fresque illusoire peut-être
A ton île, à la jonction
Nous peignons l’soir de sang
Nous baignons dans l’histoire morte
Nous r’baignons dans l’crépuscule, ses cohortes
C’est comme ôter l’cran d’sécurité
Mon calme ôté, ton écran d’fumée
Comme autant d’mouvements qui transpercent
C’qu’y’aura eu d’émouvant
Entre nous, ce sang
Nos sexes l’émulsionnant
Comme autant d’mouvements qui transpercent
Pour c’qui transparaissait
Non que la transe pass’rait
Mais qu’entre nous y’avait passerelle
Il n’y aura pas c’rêve ou c’réel
Seule la fin s’réalisera
Mais demain ! Demain cette réalité-là
Car maintenant mes deux mains
Je m’domine, tu montes
Dans ton domaine en sang
Comme un dolmen en transe
Aux mains nouvelles d’une nuit
Quand un corps mène l’autre emporte
Et tu m’emport’ras mais demain, demain
D’mes deux mains je tiens
Je viens, j’repars, j’nous tiens
Ce jeu à ton repaire nous tient
A ton épaule, à tes hanches, je prends
A tes pôles renversés, on s’branche
Et l’électricité s’affole, on flanche ?
A l’envers de ta peau blanche
A l’hiver le flot d’sang chaud
Nos corps s’enchâssent, s’ingèrent
On n’est sages en rien mais ressort
Ce sort est de sang, d’un lien
Deux continents ou îliens
On dit presque, on digresse
On n’s’esquive plus, on s’presse
On dit presque, on digresse, fort ou fébrile
On fait île à la jonction
Des confettis à la jonction
A feu et à sang, qu’en fais-tu ?
Qu’en fais-tu, qu’en f’ras-tu ?
De c’qu’on fracturera demain
Qu’en fais-tu, qu’en f’ras-tu ?
De c’te jonction entre nous ?
De stoïque rien, puissant flou
Est-ce un puits sans fond ?
Cette jonction entre nous !
A l’onction de sang et d’feu
A l’angle de tes lèvres, à feu et à sang
Est-ce illusoire de s’l’avouer ?
Du bout des lèvres qu’ce soir
Nous fûmes île à la nuit
A feu et à sang
Nos sexes faisant jonction
Nous sectionnerons pourtant
Nous fûmes îles à la nuit
Mais à nouveau ta fumée
De mes deux mains nous fûmes île
Mais demain ta fumée, en nous
A feu et à sang
Demain enfumé d’peur, de flou
A feu et à sang
Consumés par c’feu ravageur
Alors je r’vois plutôt
A feu et à sang ta peau
Et nos pourtours brûlants
A feu et à sang, seul c’qui était beau
Comme un solstice à nos temps
A feu et à sang, nous détonnant
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang