A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

Quand pendant des heures nos corps convergent

Et tes bas tombent

C’est l’hécatombe

Nos ébats m’plombent

J’osais pas m’plaindre

Seulement en r’prendre

Mais chais pas feindre

 

Alors j’me fonds en toi

J’me fais droit en toi

J’nous fends toi et moi

Alors j’file droit en toi

J’me fais droit en toi

J’nous fendrai toi et moi

 

Et tes bas tombent

C’est l’hécatombe

Nos ébats m’plombent

J’osais pas m’plaindre

Seulement en r’prendre

Mais chais pas feindre

 

J’te fendrai l’corps

Tu m’fendras l’coeur

On avait l’accord

Maintenant j’ai la corde

Au coup j’partirai

On couche pour tuer

Et pour l’coup tu m’es

C’coup que j’saurai pas parer

A toi j’étais impréparé

Comme à un après qui m’parlait

Et pour l’coup tu m’es

Comme une contusion

Pourquoi tant d’confusion ?

 

Et tes bas tombent

C’est l’hécatombe

Nos ébats m’plombent

J’osais pas m’plaindre

Seulement en r’prendre

Mais chais pas feindre

 

Pourquoi tant d’confusion ?

Toi et moi on tentait fusion

Tu m’seras comme une contusion

Pourquoi tant d’confusion ?

Attendais-tu qu’on fusionne ?

J’dirais pas qu’c’était fusionnel

Mais dis, pas non plus fictionnel

Entre toi et moi la friction, elle

Entre toi et moi l’affection, île

Toi et moi on avait la friction

Toi et moi on avait l’affection

Rien d’fusionnel ni d’fictionnel

Mais l’fonctionnel d’une étincelle

 

Et tes bas tombent

C’est l’hécatombe

Nos ébats m’plombent

J’osais pas m’plaindre

Seulement en r’prendre

Mais chais pas feindre

 

Et l’affection t’brûla

Et l’affliction m’brûlera

Au point d’inflexion j’partirai

Interrogation que j’saurai pas r’tirer

En moi tu r’partiras

Et pour l’coup tu m’es, vois-tu

Un coup qu’j’saurai pas parer

Pour l’coup j’t’en ai pas parlé

Car j’savais qu’tu partirais

Comme une épée que j’saurais pas r’tirer

Comme si l’épectase m’aurait tué

Comme si les pétales en auraient fané

Alors en or évanoui

Alors on ouvre les vannes et oui

Alors en or évanoui

Le Nord s’évade d’ici

Et ma direction s’fait vague ainsi

 

Et tes bas tombent

C’est l’hécatombe

Nos ébats m’plombent

J’osais pas m’plaindre

Seulement en r’prendre

Mais chais pas feindre

 

En toi j’me r’garde sinuer

Etincelle tu m’fus nuée

Et j’m’évade d’ici

De c’futur embué

Et j’m’évade d’ici

Tu mets du vague et d’l’indécision

Alors en toi j’m’évade aussi

Et j’m’en vais comme indocile

Et ton dos m’paraît si loin

Ton dos forme comme un dôme

Forme à ma main ? Non…

Ton dos m’est une forme indocile

Et tu t’ferm’ras comme des cils

Comme les cils d’un mort

Qu’est-ce qui s’décide en toi ?

C’est c’qui s’dessine en toi

Comme un doux signe de mort pour nous

 

Et tes bas tombent

C’est l’hécatombe

Nos ébats m’plombent

J’osais pas m’plaindre

Seulement en r’prendre

Mais chais pas feindre

 

J’te sens si souvent sur la défensive

Quand moi j’ai la défense ivre

J’te suis vulnérable, la défense ivre

Crois-moi cette dépendance m’enivre

Crois-moi cette épée danse en moi

Crois-moi c’t’épopée r’lança ma foi

Toi moi, c’était parti pour s’tenter

Crois-moi cette dépendance m’enivre

Crois-moi cette dépendance me navre

 

Et tes bas tombent

C’est l’hécatombe

Nos ébats m’plombent

J’osais pas m’plaindre

Seulement en r’prendre

Mais chais pas feindre

 

Alors on couche pour tuer

Ou chais pas, pour moins fluctuer

En nous vu qu’tu erres

Dans ma vie qu’tu rayes

J’voudrais dans ma vie qu’tu ailles

Oui mais en nous vu qu’tu erres

Crois-moi, j’me veux pas victimaire

Mais vu qu’tu es rétive à tendre l’cœur

Qu’tu es rétive à tourner ce p’tit quart

J’me contente du quartier

J’me contente d’un quart d’tiers

J’me conte un trait qui m’rend fier

Il m’raconte un sourire, à ta joue

Et j’en fais l’conte d’un surajout

Mais en nous j’sens qu’tu erres

Pourtant j’touchais pas au sanctuaire

A tes pourtours, au sanctuaire

Nous pour un tour au sang qu’tu verses

Dans ces déserts nos sueurs conversent

Quand pendant des heures nos corps convergent

 

Et tes bas tombent

C’est l’hécatombe

Nos ébats m’plombent

J’osais pas m’plaindre

Seulement en r’prendre

Mais chais pas feindre

 

Jean-Marie Loison-Mochon

A feu et à sang

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