Cinq ou cinquante ans
Rien d’aride aux alentours
On s’évertue à descendre, en eaux
Pas une ride au bout de cinq ans
Il en eut fallu au moins cinquante
On s’évertue à monter, en regards
Il me faut remonter au mai de cinq ans
Je m’évertuais en fontes et mouvements
Des mouvements de fonds, à fond de torrent
Les vertus torrentielles d’un crépuscule précédent
D’un crépuscule naissant, au vert
Envers du mouvement : l’essence
L’envers du mouvement est ivresse
A délivrer ce que couvent les sens
A l’envers se trouvent un mai, ou cinquante ans
Se trouvent en mai de brèves images
Se trouvent en toi, juillet
Couvent en toi cinq juillet de cinquante ans au moins
Au mois de juillet, tu venais comme en ivresse :
Enfance, avant que d’être homme
Duvet de l’enfance, d’un souvenir vert encore
Souvenir vers le corps duquel revenir
Et ce soir tu arriveras en corps d’homme
Et quand le crépuscule s’évertuera !
A couver le camp de verdure de nos tentes
Le temps de reverdir encore, d’une nuit
Et dans l’entente d’une aube et d’un jour
Comme d’un jeu, d’enfance à homme
Nous irons entendre la cadence des torrents
Car rien d’aride aux alentours, cadre encensé de vert
Dans les rues d’Arreau, détours dans l’envers
De juillet, de jours de mai
De mois d’enfance, d’une journée dépêchée
Détours dans des environs familiers
Dans les rues d’Arreau, des jours dans l’envers
Au-devant des envers, à l’aune du présent
Dans l’air d’au moins cinq ou cinquante ans
Dans les rues d’Arreau, des environs au présent
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle