Cette fille - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Cette fille – II

Au pont ayant l’art de luire

Je t’imagine

Bataillant à fond les pas

Avec les phares qui serinent au jour !

Au jeu du crépuscule baillant la nuit

Je t’imagine

Au feu de ma bascule, brillante ombre

Moi lave et poursuivant

Comme en ébriété à la tombée de l’instant

Je t’imagine, comme des bris d’un tout

Homme à ta poursuite, passant débridé

A sinuer des hanches sous un manteau

Inventer la suite, pour se parler

Je t’imagine, éventant ton silence

La nuit te ferait parler, étrangère

Par mes mots enduits de vos, moins de distance

Je ne nuis pas à la vérité, distanciant ainsi

Je t’imagine, à jouer des vieux rites du désir

Tu ne fuirais pas, tu sourirais

Nous évoluerions sous des cieux bientôt noirs

Ou de ceux qui confieraient l’argent des lunes

Je t’imagine, soucieuse de savoir si

Mais audacieuse aussi, ça va de pair

L’audace étant la délicieuse réponse aux indécis 

Et tu étendrais ton empire par l’air de tes yeux

Je t’imagine, en regards comme autant d’étendards électriques

Je te tendrais des pièges, et j’y tomberais

Je t’entendrais, te parlerais, des piges

On s’attendrait, à y jouer à attendre

Je t’imagine, un sourire enjoué et ce trait

Ton trait sur la joue, sous un rien d’exprimé

Comme un croissant ici imprimé

Dans la nuit, je crois en avoir eu la primeur

Car je t’imagine mais dans le noir pas seulement

Je croise en moi des heures au soir, à la nuit

Elle me grise, l’électricité de tes yeux

Dans la cité au pont ayant l’art de luire

Je t’imagine et pour te réciter ce trait, du désir

Je pourrais sauter, et désirer voler sous tes regards

Je pourrais t’emmener, soutirer du crépuscule

Nous pourrions mener ensuite des lueurs

Car je t’imagine à la nuit, enduite de pâleurs

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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