Ce qu’ils pensent de moi
« Ce n’est pas mon problème… »
Et cela même demande autant de force !
De l’écrire que de le faire, quand on y est enferré
« … ce qu’ils pensent de moi »
De la craie souvent, de se dire ces choses-là
Comme sous le vent, sous l’élément contraire…
Se compteraient des morts dans les pensées, soulevant des temps
Mais comptant avec toi, pourtant je savais
Je voyais et savourais, qu’en de certains cas tu pouvais
Trouver ce savoir, cet instinct, cette voie salvatrice
De te soustraire à tous
J’aurais aimé que tu saches le faire aussi
Avec ce qui incendiait fiévreusement notre verdoyant
Toi, parfois pourtant si clairvoyante
Tu ne sus pas voir les cyclones que tu créais
Ces ouragans ! et ce en ne nous écoutant pas assez
Les cieux me disent parfois que tu regardes par ici
Toi, la fille qui lutte avec le nécessaire parricide
De l’absence de l’homme, avec ton inconstance de l’âme
Et de là ma part : de ce que je ne pus pas plus assumer
La purulence de tes plaies, qui m’entaillaient chaque jour
Et de là mon départ vers des ports, eux, m’étant foyer
M’étendre, je pourrais
Mais je préfèrerais à tes côtés
Détendre les silences, ces aires d’où tu m’observes
Ne crois pas que je ne voie pas
Que mes sens ne savent pas flairer ou percevoir
Mes fleurets, pour ça, peut-être ne sont pas tes épées
Mais je sais percer l’envers aussi, par endroits
Sans pour autant pouvoir m’en satisfaire
Te sachant ailleurs, sur cet étrange planisphère
Et il n’est pas de sadisme à l’écrire sans te le faire lire
Je reste ici, sans en devenir fou à lier
Quand allié à toi et à ce territoire, j’ai failli
A moi-même, et ainsi presque à la vie
Dans ce village qui m’était mouroir-sur-lave
Et toi même tu le savais, le subissais
Dans mes soubassements de peine, de l’exil contraint
Quand le tien, choisi, te laissait le loisible
Du sûr et de l’exotisme
Et dans tout cela pourtant, tu nous blessais
Ce lieu t’était-il début d’exorcisme ?
Ou est-ce que plutôt, des brutalités qui te passaient
Nous faisant parfois débris, ou du bruit, comme tu disais
Tu n’aurais pas dû faire fusion dans mon magma ?
Et t’affranchir de tes maux, tes disettes d’amours anciennes
Franchir, téméraire comme tu l’étais ; souveraine
D’un pas poétique ou pragmatique, l’étendue
Qui à nous s’ouvrait, et dont je ne me suis pas sevré
Repartant sombre à l’horizon, enfin
Comme un combattant sans but aucun
La vie était l’arène, le vital était l’amour
Et tu m’as confondu, combattant aveuglée
Avec ton ennemi ou le butin, tes peurs, nos anémies
Les miennes effleurées puis d’elles, fendu
Avec le fond du problème, qui était à nos mains :
Pouvoir, quand jointes, de nous libérer de ces limbes
Bien qu’à présent tout cela soit lambeaux
Bien que ta présence perdure dans ce flou
D’une beauté qui déçoit, mais peut se relever
Car au revers de tout ça, de ce que je saigne et toi aussi
Je sais qu’un de ces jours
Tout ça, pourrait sauvagement te parvenir
Que l’ouvrage est entaillé mais intact par ailleurs
Et je sens qu’un de ces jours, tu pourrais surgir
Pour un saccage final ou une accalmie durable
Rendant à l’urgence d’y revenir de quoi briser la cage
Pour une résurgence de l’avenir, dans la clameur
La douceur, de tes ouragans vulnérables
No es mi problema lo que piensen de mi
Jean-Marie Loison-Mochon