Cascade
En cascade, des chants prêts à dériver
En cas soudain, d’esprit qui s’échappe
Des chants d’eau près des chants d’îliens
Sous d’insolents rayons, nous nous étions échappés
Insolemment, traversant les sols du monde
Et en amants, nous nous étions écharpés
Pris d’insolations : tristes questions de modernité
Mon air n’y paraissait pas, mais je dérivais
Je rivais des yeux sur toi, déçus de n’être pas enivrants
Nous partîmes nous enivrer, sous des cieux insulaires
D’un seul air -la joie- la cascade siffle au vent
De ces sons et chants, qu’il fait bon ressusciter, insuffler
Un seul chant suffisait mais des insulaires vinrent
Eclairer de sons, mes pages crépusculaires
Les chants se marièrent, chamarrés
Les chances dis-moi, que nous avions
D’en venir à déchéance, quand nous étions amarrés ?
Dans ces doux chants qui se mariaient, nous étions loin
Loin de penser au séditieux d’une fin
De ces deux chants je nous sentis caressés
Comme l’herbe par le vent, caresses aériennes
Car ici, là-bas, on parait le venin moderne
On parlait le vœu non moins vain d’être ensemble
On pariait, sur les vents futurs qui porteraient
Et pour te revoir là-bas, ici, caressée par l’instant
Je peux te dire, depuis le doux noir crépusculaire
Que je comprenais la brise alors
Autant que je ne comprends pas les brisures
Le besoin qu’il y avait de casser, brutaliser
Quand nous étions caressés par cette brume irisée
En cascade, ta colère, mon inertie : coalisées
Alors ici je reprends de l’air de ce matin-là
Je repense à ce chant mâtiné d’eau et d’insulaire
Et je ne comprends pas les rouages du reste
Ou me refuse à prendre le courage
Le courage de les prendre en compte
Doux passage insulaire, extatique
Rage à l’air inutile et flou, je m’y voulus stoïque
J’aimais voler dans tes yeux verts
Je me voulais dense et résistant, dans ces cascades
Et de ce que ça eut de vain
Je n’y repense plus qu’en souriant, à ces airs
Ici dansant sur le souvenir, l’âme crépusculaire
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle