Cascade - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

Cascade

En cascade, des chants prêts à dériver

En cas soudain, d’esprit qui s’échappe

Des chants d’eau près des chants d’îliens

Sous d’insolents rayons, nous nous étions échappés

Insolemment, traversant les sols du monde

Et en amants, nous nous étions écharpés

Pris d’insolations : tristes questions de modernité

Mon air n’y paraissait pas, mais je dérivais

Je rivais des yeux sur toi, déçus de n’être pas enivrants

Nous partîmes nous enivrer, sous des cieux insulaires

D’un seul air -la joie- la cascade siffle au vent

De ces sons et chants, qu’il fait bon ressusciter, insuffler

Un seul chant suffisait mais des insulaires vinrent

Eclairer de sons, mes pages crépusculaires

Les chants se marièrent, chamarrés

Les chances dis-moi, que nous avions

D’en venir à déchéance, quand nous étions amarrés ?

Dans ces doux chants qui se mariaient, nous étions loin

Loin de penser au séditieux d’une fin

De ces deux chants je nous sentis caressés

Comme l’herbe par le vent, caresses aériennes

Car ici, là-bas, on parait le venin moderne

On parlait le vœu non moins vain d’être ensemble

On pariait, sur les vents futurs qui porteraient

Et pour te revoir là-bas, ici, caressée par l’instant

Je peux te dire, depuis le doux noir crépusculaire

Que je comprenais la brise alors

Autant que je ne comprends pas les brisures

Le besoin qu’il y avait de casser, brutaliser

Quand nous étions caressés par cette brume irisée

En cascade, ta colère, mon inertie : coalisées

Alors ici je reprends de l’air de ce matin-là

Je repense à ce chant mâtiné d’eau et d’insulaire

Et je ne comprends pas les rouages du reste

Ou me refuse à prendre le courage

Le courage de les prendre en compte

Doux passage insulaire, extatique

Rage à l’air inutile et flou, je m’y voulus stoïque

J’aimais voler dans tes yeux verts

Je me voulais dense et résistant, dans ces cascades

Et de ce que ça eut de vain

Je n’y repense plus qu’en souriant, à ces airs

Ici dansant sur le souvenir, l’âme crépusculaire

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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