Campagne enivrante
Tout débute sur un couloir de macadam
Les rayons du soir tissent de premiers rayons
Entre ces butes aux couleurs d’ombres
D’un coup l’heure tombera, comme sonnant carillon
Car il y aura l’alarme bientôt
Silencieuse et crépusculaire, l’aura fameuse de la nuit
Mais si l’on se laisse sinuer encore un peu
Sur ce macadam où va muer l’atmosphère
Si l’on se laisse bifurquer le corps en feu
A damer l’air, à ruer sur deux roues
Assuré de rien que d’aérer des pensées
Vibrer de quelques chaînes musculaires
De fibres métalliques, autre chaîne mécanique
A célébrer l’heure car c’est l’air du soir
Si je me laisse accélérer, puis bifurquer
Le rythme s’emballe, droite gauche
Le rythme s’en va là à droite
Au chevet d’une pente ombragée
Où je vais ? Juste vers plus haut
J’arpente des hameaux, ombre agitée d’énergie
La pente amène Aigreveau et je m’emmène encore
A mes yeux l’ombre avait pris quartier, pour la nuit
Mais la lune attendra car quelques coups de pied sur pédale
Me ramènent à l’égale humeur du jour : plus haut
Les rayons sont à m’épier à nouveau par-dessus les butes
Tout débuta sur macadam, tout se poursuit sur macadam
Ma came a des airs de soir mais comme à déraison : je grimpe
Le coteau m’en sert ainsi des rayons, des lueurs restantes
Comme au poste je les reçois, coureur de rampes
Missives distantes mais chaudes encore, en pleine lumière
Des Barbeaux au Chézet, au détour vers Corcelles
Au corps il me reste encore quelques étincelles
Alors ?
Je regarde l’Ouest et dévale on ne peut moins lentement
Je me garde des vallons, décors à parcourir
De Vaumignon à pas non courus
A pas ayant tout du cycle qui s’éteint, se rallume
Etincelle de cliquetis dans un octobre à l’humeur douce
La nuit évince Les Jours, je n’irai pas au Creux, En Moulu
Je m’écoule dans du sang sous effort : ivresse
Il m’en reste encore un petit peu, là vers l’irradiant
La Petite Verrière m’accompagnant
A vélo vers la nuit, ma compagne entêtante
Jean-Marie Loison-Mochon