Archipelismo - Version poétique - Jean-Marie Loison-Mochon

Archipelismo – version courte et poétique

Et si dans quarante ans 

Le monde avait été sidéré ?

Que d’ici un rien de temps

Une onde en secouait l’indiscipline ?

Il se coudrait alors un futur blessé

Où il faudrait recoudre et le passé, et le présent

Un monde aux forêts d’îles

Car l’onde aurait rasé les continents

Et l’on dirait « allez », on aurait beau dire « allons »

On ne pourrait plus aller, pris par l’hiver

La malédiction d’un long, long hiver de cendres

Et au sortir, à l’air de dix ou quinze années

La réédition d’un long, long calvaire

Car à l’air d’après quinze années, si de mauvais génies…

Du mauve s’ingéniait à luire au crépuscule des fumées

Si l’asservissement renaissait, vers une hégémonie ?

Comme en une Egée maudite, à errer

Trois héros y chercheraient leur île ou sa vision

Oui car dans ce péché d’une redite

Il s’apercevrait deux visions au futur du monde

L’un vraisemblablement majoritaire, de dépendance

Mille semblants d’îles derrière, en rangs d’oignon

Et l’autre invraisemblable, en dissidence

Se disant vulnérable et libre, comme des amants

Ici danserait un discours au pupitre, une femme

Et quarante ans de sable de temps avant ce chapitre

Une autre femme, et un homme, s’étant trouvé désirables

Il se tendrait alors des lignes ou échos

Qui sous-tendraient l’absence, ou prendre fait et cause

Des visions cendrées de manque : organismes exposés

Comme un lichen ou des coraux, qui en quarante ans

Qui en quarante ans auront muté

Et sous-tendront des liens, comme si la nature voulait lutter

Femme ou homme en îles, après le diluvien

Ne se demandant plus d’où l’on vient mais où l’on va

Ne se demandant presque plus « et si ? »

A l’écoute d’un sentiment brûlant nommé désir

Et où qu’ils aillent, quelque bataille qui soit, au fond

L’insensé somme le souvenir de reconstruire

Ce monde où la main invisible serait rejetée

Ce monde où la main invisible agiterait

L’invincible volonté de ceux voulant construire des ponts

Au côté de peut-être trop peu, voulant bâtir

Des troupes écoutant les coraux, venus se blottir

Indicibles sous la mer, venus soutenir le souvenir

Répondant au crible amertume, en ponts dans ce monde

Rebonds dans l’écume, d’un possible autre futur

 

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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