A la nuit
Je me tourne autour
Je retourne au trait d’avant
Pour traire l’après
Les pourtours de mon esprit s’enflamment
A l’après suis-je un traître infâme ?
A ma fenêtre cela dit, l’apogée
Et l’apologie des femmes, d’une femme
L’approche inouïe et puis l’amorce mouillée
En nous il y a ou il y aurait, mais y est-on ?
Ma torche n’est qu’une lueur brouillée
Et m’en détacher, ignorer l’idée…
La lune m’a donné l’heure à sa peau
Pas à chercher : il est temps, de ne plus sursoir
Polir la chaleur, jusqu’au non-sens
Car en folie ou inconscience
C’est là que le repaire se trouve : un conte d’incandescence
Et je me perds dans de froides condescendances
Comme sans père face à ce monde d’inconsistance
Qui consiste en seconder le regard des autres
Homme sans repère mais non pas secondaire
Ce qu’on perd à s’empoisonner du monde
On manque d’air, ma torche et moi
La lunaire incline alors, à me décocher de l’émoi
Et l’émotion passera mais l’allégresse restera
Reste à la rade à me dire : reste ou pars
Brest ! A l’heure d’y voir dans la nuit
Alors dis voir, dis-moi, Brest, dis-lui
Dis-le à ce monde endormi en moi
Qu’à l’heure diluée de l’Ouest, je suis là !
La chaleur d’un geste et je suis la voie !
Mais non… rien n’achalande une providence
Le profit du silence : le magnifier
Le manipuler comme un trophée de cils, d’essentiels
De si loin vient l’ultime, comète offerte
Quand aux fers toutes mes vapeurs s’agglomèrent
Ma lave infernale s’affaire
Et je veux en faire une allée à un monde, le mien
Je suis un feu enfermé, j’ai l’onde magmatique
J’ai l’ombre énigmatique et l’oreille attentive
A l’arrivée de Pandore, extatique ou instinctive
A cliver mes paradoxes, activer la clique de mes pensées
Dans cette vie cyclique, à river le cœur et l’esprit
Combien d’accords imbriqués, d’hier à demain ?
Je suis poudrière, et demande un briquet
La nuit saupoudre et erre en moi
Moi je me perds en mots, sous pouvoir
Sans pouvoir leur échapper, à l’heure diluée
Je m’écharpe avec moi-même
Et happé par la nuit, je lui écris des poèmes
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle