A la nuit - Jean-Marie Loison-Mochon

A la nuit

Je me tourne autour

Je retourne au trait d’avant

Pour traire l’après

Les pourtours de mon esprit s’enflamment

A l’après suis-je un traître infâme ?  

A ma fenêtre cela dit, l’apogée

Et l’apologie des femmes, d’une femme

L’approche inouïe et puis l’amorce mouillée

En nous il y a ou il y aurait, mais y est-on ?

Ma torche n’est qu’une lueur brouillée

Et m’en détacher, ignorer l’idée…

La lune m’a donné l’heure à sa peau

Pas à chercher : il est temps, de ne plus sursoir

Polir la chaleur, jusqu’au non-sens

Car en folie ou inconscience

C’est là que le repaire se trouve : un conte d’incandescence

Et je me perds dans de froides condescendances

Comme sans père face à ce monde d’inconsistance

Qui consiste en seconder le regard des autres

Homme sans repère mais non pas secondaire

Ce qu’on perd à s’empoisonner du monde

On manque d’air, ma torche et moi

La lunaire incline alors, à me décocher de l’émoi

Et l’émotion passera mais l’allégresse restera

Reste à la rade à me dire : reste ou pars

Brest ! A l’heure d’y voir dans la nuit

Alors dis voir, dis-moi, Brest, dis-lui

Dis-le à ce monde endormi en moi

Qu’à l’heure diluée de l’Ouest, je suis là !

La chaleur d’un geste et je suis la voie !

Mais non… rien n’achalande une providence

Le profit du silence : le magnifier

Le manipuler comme un trophée de cils, d’essentiels

De si loin vient l’ultime, comète offerte

Quand aux fers toutes mes vapeurs s’agglomèrent

Ma lave infernale s’affaire

Et je veux en faire une allée à un monde, le mien

Je suis un feu enfermé, j’ai l’onde magmatique

J’ai l’ombre énigmatique et l’oreille attentive

A l’arrivée de Pandore, extatique ou instinctive

A cliver mes paradoxes, activer la clique de mes pensées

Dans cette vie cyclique, à river le cœur et l’esprit

Combien d’accords imbriqués, d’hier à demain ?

Je suis poudrière, et demande un briquet

La nuit saupoudre et erre en moi

Moi je me perds en mots, sous pouvoir

Sans pouvoir leur échapper, à l’heure diluée

Je m’écharpe avec moi-même

Et happé par la nuit, je lui écris des poèmes

 

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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