Apprendre

« No dejar de aprender – capacidad – creatividad »  

« Ne pas cesser d’apprendre… »

Et moi d’arpenter ces phrases, j’y crois

Je m’applique à t’y revoir, t’y appliquer toi-même

Passant d’assassine à tempérée, tu évoluas

Même si je sais que ces mots ne parlaient pas de cette chose-là

Les femmes et volutes d’amitié : présences en fumée

Je sanctifiais ce goût d’apprendre et grandir

Et je rectifierais ce titre d’un livre et ses sujets, de pages :

Le village dont la reine est une enfant

Tu te livrais bel et bien à croissance, et maturer

Bien que prônant par trop les tuteurs parfois, toi si libre

Rodant ici dans ces ruelles, la sensation que tu te faisais friche

Et moi, à dire chiche ! de me compter les feuilles mortes

Trop dans mes torpeurs et incapable au bout

De me défaire du goût des fatigues, pour me rendre le futur palpable

Nous n’avions pas un palais, mais agencions les pierres

La chanson était de se savoir l’inconstance fertile

« … capacité – créativité » et tu perdais en l’écrivant

Cette force-là de faire une phrase, de vraiment tendre

A t’inventer ce monde, comme tu en étais capable

A éventer de semonces, ce qui était arable dans ce lien

En ces lieux je me perdis, et tu ne sus pas me tendre un fil

Enseveli par les jours, déçu par l’absence ou l’illusion

De moi-même et je me perdrais encore facilement

Dans ces raisonnements qui m’amènent à voir, toujours

Que tu grandissais mais sans te délivrer

Et tu me dis le vrai du faux deux fois, je crois

Celle-là quand tu brandis cette phrase agile :

Que ton âge était bien moindre, et cela

Que d’où tu venais, d’où tu vins

Les adultes étaient mûrs plus tard ; à rebours du temps :

Tu te mesurerais à ces phrases aujourd’hui, je ne sais pas ce que tu en dirais

A te dire de moi « il s’induit radicalement en erreur » ?

Et moi plutôt, que je m’enduis des repères que tu me donnas

Ou même de ceux que tu m’enlevas

Un jour, aussi déliée que tu savais l’être, tu dis :

Que les années tout de même, t’avaient quitté certains jaillissements

D’énergie, frustration ou fureur

Et j’aurais aimé apprendre mieux, pour nous enseigner

La science d’un futur, ou la patience face au futile

D’où le ressort de mes colères

De ces raisons auxquelles on s’exposa

Dont un heureux sort ne sut pas naître, apparaître

Et il ne reste plus de ce mot, qu’à en reprendre :

C’est-à-dire apprendre, de cet étrange et tendre vécu

Jean-Marie Loison-Mochon

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