A ruminer des poussières
Je cherche les réponses au futur dans le passé
Sais-tu ce qu’elle m’a dit ?
Sans médire ni sans intention de me miner mais
Avec la volonté de ne pas se demander non plus
Que peut-être, il y aurait comme un air de ruminer
Tout est ruine et même au-delà, poussière
Mais de là où je te parle, de la houle de ces temps-là… tinte
Cristalline comme du sel, chrysalides de vagues dans lesquelles je cherche à déceler
Sur les quais limpides ou brumeux, quelle invite au sens ou à l’absurde il se peut
Que je trouve ou qui me perde, car au fond, toute question est une folie
Amenant à percevoir par un langage et le prisme de notre horizon seul
Une réponse, c’est-à-dire plus que ce dont aura résonné une situation
Et cela est si paradoxal, au fond, de la mer abyssale de ces souvenirs
Me remonte qu’elle s’angoissait de comme un démon, dès lors qu’elle sentait venir
Que le sentier de la vie est une question sans réponse
Des questions telles nous nous en sommes laissées
Déjà deux, celles de nos vies
Et dans un genre de déjà-vu, ce piège avide
De comme un écueil à se dire pourquoi le silence, pourquoi la fin
Des questions bourgeoises, qui sait ?
Car celui qui, de vivre, a faim, ne devrait que se taire et poursuivre
Mais moi, je ne peux pas me terrer dans un mutisme
Non pas que tout reste et pèse
Sauf les joies que j’épèle de baisers, à volonté
Bien que dans l’épaisseur du temps, le mystère ne s’éclaircisse pas
Vivre n’est pas un exercice mais une pratique
Et chaque jour j’ai été croyant, de ce voyage extatique initié
Bien que tout soit question sans réponse, que tout ça soit pensé, re-poncé
Ne soit que poussière d’accord, mais d’une étoile dont le corps passé toujours émet
Et toujours j’aimerai, fréquenter cette lueur jaillissante encore
De certains jours de juillet, de certaines nuits de mai
Jean-Marie Loison-Mochon