A R C I L L A - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

A R C I L L A

A l’étreinte au soir, d’un été qui s’éreinte sur une fin d’août

Retour à cette toute puissance argileuse, que l’on pourrait nommer désir, que l’on pourrait modeler du mot que l’on voudrait, même jusqu’à ton prénom

C’est la fusion de sols inconscients, la superposition de nos deux corps et de l’on ne sait combien d’enveloppes se faisant écho

Il y a les lettres ici, comme au début de tes lèvres, tes lèvres qui commencent par un point, un grain, comme au début de mes phrases d’encre qui s’élèvent à ce que disent tes lèvres du… désir

L’argile qui se distend, se reforme, la distance sous laquelle le désir peut prendre d’autres formes, de je ne sais quelle usine, de je ne sais quel usinage de reliefs en nous : des montagnes, à désir

L’argile de là ce soir sur les quais, à l’ombre de la nuit, sous des montagnes d’étoiles, des voiles lumineuses, des lueurs actant la voie à suivre : du désir

A l’argile de ce soir-là j’écris des demains de sable, de sel, de tes plusieurs visages, de cette fabrique de plusieurs rivages, quand tout horizon a dans le pelage les lueurs du… désir.

 

Argileuses répétitions, arcilla voyageuse

Regards d’allá, de là sur toi, les tensions de l’été

C’est l’extension de l’été, céleste intention ?

Il y a ici pétition pour l’été : c’est leste un désir

L’expansion d’excroissances lumineuses, pulsions à nos yeux

L’été s’étend, s’entend en nous, lueurs humanoïdes

Argileuses lueurs d’un temps sans cartilage, que des regards

 

Au matin une seule et même sentence : c’est leste, un désir.

Roche argileuse du rêve, tu t’élèves sur mes côtes comme le vent pourrait le faire, sur les traits de côtes que l’on voisine en baie

Comme on les voisine en baisers dans un argile débridé, les couleurs des rideaux qui font notre étreinte, brique

Il y a que l’argile est malléable, au large il peut aller, à mes côtes revenir, en brises, en baisers, faire comme le vent

Là, souple, à balayer de mouvement nos peaux que les rideaux couvent en manteau d’aube ou de matin

La souple agilité du rêve, qui en désir fait écho, qui en désir fait ton corps, qui en désir sait te faire plusieurs visages

Au matin de plusieurs couleurs, sous le repaire des plaisirs au sang d’août

 

Argileux matin, de ton corps sans fers

Repère de plus au désir du bout de mes mains

Cartilage de nos côtes qui s’enferment en frottements

Ilot d’un seul tenant, côtoyant des babillages de lueurs

Lueurs humanoïdes, là dans l’humeur d’un lendemain

Lueurs d’un sol, tenant l’assise et l’envol, l’abordage

Aux abords de l’argile, un temps nouant les couleurs de nos corps

 

Aux côtes on a ces eaux, celles de l’énergie cotonneuse : d’une nuit courte.

Raccordés par des regards d’au-delà, de rêve et de désir, des regards d’allá, prenant source dans des puits.

Ilots de veines, de câbleries au sang d’août, de corps émanant de la nuit : lueurs humanoïdes

L’aube est loin et les rideaux en rougissent, ou sont-ce les rayons ? qui comme à tes joues atterrissent sur nous dans cette couleur, brique

Lueurs humanoïdes, ton eau et ton sel amerrissant, abordent mes côtes en frottements agiles, façonnent des cartilages à l’argile

A nos foisonnantes côtes, de joueurs xiphoïdes ânonnant en souffles, débarquent en des plaisirs

 

A nos côtes foisonnantes de rayons rougis

Roulis de l’ombre : où tes joues rugissent dans mon cou

Couvertures de peaux qui se lient dans la pénombre

Il y a des ouvertures allá, où je vais chercher le soleil

Le sable et le sel à ta peau, les courbures que tu fabriques

Les regards d’allá que je croise, là-bas où le désir oblique

A nos côtes où rien n’oblige, où aucun désir ne transige

 

Dans cet argile malléable, le désir m’est tangible. Je m’étends sous toi qui, paisible, entends s’adonner au plaisir.

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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