A R C I L L A
A l’étreinte au soir, d’un été qui s’éreinte sur une fin d’août
Retour à cette toute puissance argileuse, que l’on pourrait nommer désir, que l’on pourrait modeler du mot que l’on voudrait, même jusqu’à ton prénom
C’est la fusion de sols inconscients, la superposition de nos deux corps et de l’on ne sait combien d’enveloppes se faisant écho
Il y a les lettres ici, comme au début de tes lèvres, tes lèvres qui commencent par un point, un grain, comme au début de mes phrases d’encre qui s’élèvent à ce que disent tes lèvres du… désir
L’argile qui se distend, se reforme, la distance sous laquelle le désir peut prendre d’autres formes, de je ne sais quelle usine, de je ne sais quel usinage de reliefs en nous : des montagnes, à désir
L’argile de là ce soir sur les quais, à l’ombre de la nuit, sous des montagnes d’étoiles, des voiles lumineuses, des lueurs actant la voie à suivre : du désir
A l’argile de ce soir-là j’écris des demains de sable, de sel, de tes plusieurs visages, de cette fabrique de plusieurs rivages, quand tout horizon a dans le pelage les lueurs du… désir.
Argileuses répétitions, arcilla voyageuse
Regards d’allá, de là sur toi, les tensions de l’été
C’est l’extension de l’été, céleste intention ?
Il y a ici pétition pour l’été : c’est leste un désir
L’expansion d’excroissances lumineuses, pulsions à nos yeux
L’été s’étend, s’entend en nous, lueurs humanoïdes
Argileuses lueurs d’un temps sans cartilage, que des regards
Au matin une seule et même sentence : c’est leste, un désir.
Roche argileuse du rêve, tu t’élèves sur mes côtes comme le vent pourrait le faire, sur les traits de côtes que l’on voisine en baie
Comme on les voisine en baisers dans un argile débridé, les couleurs des rideaux qui font notre étreinte, brique
Il y a que l’argile est malléable, au large il peut aller, à mes côtes revenir, en brises, en baisers, faire comme le vent
Là, souple, à balayer de mouvement nos peaux que les rideaux couvent en manteau d’aube ou de matin
La souple agilité du rêve, qui en désir fait écho, qui en désir fait ton corps, qui en désir sait te faire plusieurs visages
Au matin de plusieurs couleurs, sous le repaire des plaisirs au sang d’août
Argileux matin, de ton corps sans fers
Repère de plus au désir du bout de mes mains
Cartilage de nos côtes qui s’enferment en frottements
Ilot d’un seul tenant, côtoyant des babillages de lueurs
Lueurs humanoïdes, là dans l’humeur d’un lendemain
Lueurs d’un sol, tenant l’assise et l’envol, l’abordage
Aux abords de l’argile, un temps nouant les couleurs de nos corps
Aux côtes on a ces eaux, celles de l’énergie cotonneuse : d’une nuit courte.
Raccordés par des regards d’au-delà, de rêve et de désir, des regards d’allá, prenant source dans des puits.
Ilots de veines, de câbleries au sang d’août, de corps émanant de la nuit : lueurs humanoïdes
L’aube est loin et les rideaux en rougissent, ou sont-ce les rayons ? qui comme à tes joues atterrissent sur nous dans cette couleur, brique
Lueurs humanoïdes, ton eau et ton sel amerrissant, abordent mes côtes en frottements agiles, façonnent des cartilages à l’argile
A nos foisonnantes côtes, de joueurs xiphoïdes ânonnant en souffles, débarquent en des plaisirs
A nos côtes foisonnantes de rayons rougis
Roulis de l’ombre : où tes joues rugissent dans mon cou
Couvertures de peaux qui se lient dans la pénombre
Il y a des ouvertures allá, où je vais chercher le soleil
Le sable et le sel à ta peau, les courbures que tu fabriques
Les regards d’allá que je croise, là-bas où le désir oblique
A nos côtes où rien n’oblige, où aucun désir ne transige
Dans cet argile malléable, le désir m’est tangible. Je m’étends sous toi qui, paisible, entends s’adonner au plaisir.
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle