« On ne va pas voir grand-chose »
Il ne fait pas noir, mais le gris est surdosé
Sur des heures marines et sans vent, le temps a passé
Nouvelles heures salines, la saveur est revenue :
Des brassées de vent, pour se déplacer sous vitesse
Des façades au-devant, grises d’un acier qui pèse
Dans un ciel pas bien net, passer le phare ?
Bientôt le Fastnet, enlacé par la brume
Le Fastnet est posé là-bas, d’une humeur sombre ?
On ne va pas voir grand-chose, à l’ombre des nuages
Mais à la fenêtre ils s’effacent, et la phrase avec
Fenêtre effarante, d’une lumière insolente
Le phare hantera bien des yeux, humeur ensorcelante
Le phare ose se montrer, à ces yeux embarqués
On ne va pas voir grand-chose, du Fastnet ?
Il faut défausser cette phrase : c’est une farce n’est-ce pas ?
On ne va pas voir grand-chose ?!
Non c’est vrai : on ne va voir que du grandiose
Jean-Marie Loison-Mochon