+1690 - Crépuscule d'un cycle - Jean-Marie Loison-Mochon

+1690

A l’aube on s’élève

Là, au bruissement des ombres

Là-haut, vers ce puits ayant semé une île

Nous, sommes semis de mouvement

Au pied, de puissantes et saillantes ombres nous couvrent

A pied, nous cheminons de ce désir qui couve

Bataillon de foulées, d’énergique à essoufflé

Juste ce qu’il faut, pour se faire émerger

Feu immergé en soi : le sang

Lave en ce sens qu’il est berger d’ivresses

Et qu’ainsi vers la bougie du sommet

Nous exploitons l’émergence du sentier

D’au milieu des forêts, dominées par la lune

Et ce sentier qui s’agence, comme miné

Comme un éclatement, une explosion

A mille lunes des ponctions de souffre

Et là le minerai, de nos ponctions de souffles

La lave en fusion dans nos veines, infusion d’altitude

Elle lamine les caillasses mais assoiffe nos corps

On assoit nos regards dans ce décor

Dans cette soif qui sinue maintenant

Au-dedans des corps, au-dessus du ciel

Aux déçus du ciel je dis : donnez vous, ici

Hay que subir, et non pas subir

Vous ne serez plus dominés, sous empire

Vous dominerez, votre seul désir

Vers ce sol des îles qui lavera les scories

Le score inepte qu’une société vous donne

Donnez vous à de pareils sentiers

Vous vous ficherez après d’être dépareillés

Car ici tout est une telle friche de lunes et nuages

Qu’il n’y a qu’à s’atteler à se hisser, à humer

A regarder les blancheurs gazeuses et volages

Entendre gazouiller le vent à son atelier là-haut

Ce lieu est bon pour se lier, émécher des lueurs

Se dépouiller pour s’offrir, à soi ou une lave sœur

Et si redescendu on vous parle de souffrir

C’est que la mèche était mouillée, qu’il faut tout faire à nouveau

Retourner là-haut serpenter comme un sentier

Embrasser la terre et tourner, tourner

Comme pour y enfourner la senteur de l’ivresse

Et plonger au cratère une nouvelle mèche

Prolonger la fusion, qui attirera le feu

Et la lave lèchera la mèche

Comme les nuages descendant de tout leur attirail

Là au loin, vers les parois de l’île

En haut l’on n’est pas roi mais humain

Et si l’on met une main, ou une mèche

Là-haut il se pourrait que vienne une éclosion

De lave, en soi, de sang

Une explosion frivole et puissante

Pour une fièvre sans redescente

Une explosion d’incandescence

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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