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A l’aube on s’élève
Là, au bruissement des ombres
Là-haut, vers ce puits ayant semé une île
Nous, sommes semis de mouvement
Au pied, de puissantes et saillantes ombres nous couvrent
A pied, nous cheminons de ce désir qui couve
Bataillon de foulées, d’énergique à essoufflé
Juste ce qu’il faut, pour se faire émerger
Feu immergé en soi : le sang
Lave en ce sens qu’il est berger d’ivresses
Et qu’ainsi vers la bougie du sommet
Nous exploitons l’émergence du sentier
D’au milieu des forêts, dominées par la lune
Et ce sentier qui s’agence, comme miné
Comme un éclatement, une explosion
A mille lunes des ponctions de souffre
Et là le minerai, de nos ponctions de souffles
La lave en fusion dans nos veines, infusion d’altitude
Elle lamine les caillasses mais assoiffe nos corps
On assoit nos regards dans ce décor
Dans cette soif qui sinue maintenant
Au-dedans des corps, au-dessus du ciel
Aux déçus du ciel je dis : donnez vous, ici
Hay que subir, et non pas subir
Vous ne serez plus dominés, sous empire
Vous dominerez, votre seul désir
Vers ce sol des îles qui lavera les scories
Le score inepte qu’une société vous donne
Donnez vous à de pareils sentiers
Vous vous ficherez après d’être dépareillés
Car ici tout est une telle friche de lunes et nuages
Qu’il n’y a qu’à s’atteler à se hisser, à humer
A regarder les blancheurs gazeuses et volages
Entendre gazouiller le vent à son atelier là-haut
Ce lieu est bon pour se lier, émécher des lueurs
Se dépouiller pour s’offrir, à soi ou une lave sœur
Et si redescendu on vous parle de souffrir
C’est que la mèche était mouillée, qu’il faut tout faire à nouveau
Retourner là-haut serpenter comme un sentier
Embrasser la terre et tourner, tourner
Comme pour y enfourner la senteur de l’ivresse
Et plonger au cratère une nouvelle mèche
Prolonger la fusion, qui attirera le feu
Et la lave lèchera la mèche
Comme les nuages descendant de tout leur attirail
Là au loin, vers les parois de l’île
En haut l’on n’est pas roi mais humain
Et si l’on met une main, ou une mèche
Là-haut il se pourrait que vienne une éclosion
De lave, en soi, de sang
Une explosion frivole et puissante
Pour une fièvre sans redescente
Une explosion d’incandescence
Jean-Marie Loison-Mochon
Crépuscule d’un cycle