A l'appel de como un pulso nuevo - version traduite - A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

Vos y yo – X – version traduite

Ce matin j’ai repensé à ton fantasme oui, que tu m’avais dit. Tu aurais voulu qu’un jour, quelque part dans un chez toi, chez moi, chez nous, je t’attends. Nue. Que tu ouvres et pousses la porte, et que je sois là, nue. Devant toi debout ou alors allongée sur un canapé, un lit, pas loin. Mais que moi nue, ce soit la première image que tu as en entrant.

Et que tu aurais voulu m’enlacer alors, une étreinte mais vers nos corps. Me serrer contre toi, m’embrasser. Moi nue, désarmée ? Ou plutôt prête à chahuter du bout des lèvres au bout des seins. Tu voulais… Je confonds avec mon désir qui parle peut-être, mais tu avais dit aussi que me serrer comme ça, tu m’aurais soulevée, et posée sur une table. Et du bout des lèvres jusqu’au bout de mes seins, tu m’aurais goûtée. Fantôme

J’aurais basculé assise, contre le mur, et tu m’aurais relevée une jambe, l’autre. Du bout des seins au bout des lèvres, m’embrasser. Je me souviens maintenant oui, de ce fantasme que tu m’avais dit. Et puis tu serais venu, debout face à moi. Au bout de mes lèvres, au bout de toi. Toi et moi. La voix si chaude, en nos désirs. Que j’aurais passé mes bras autour de ta nuque, et qu’on se serait embrassé encore avec ce goût de moi à tes lèvres. Ce goût de nous, éphémère comme deux corps qui s’enlacent, se donnent. Fantôme

Tu n’aurais pas été transparent cette fois-là. Fantôme. Tu aurais voulu le transposer dans la réalité, ce temps-là, je sais. Et moi toujours assise sur cette table, nue, t’attendant. Quelle ironie… moi assise à cette table ce matin d’aujourd’hui, ne t’attendant plus. Mais dans ton fantasme, moi assise encore, nue, et je veux bien y replonger un instant, les jambes relevées, les genoux pliés, les pieds sur la table ou à tes hanches et voir… voir ton abdomen et le mien, se rapprocher, s’approcher, s’approcher. Et tu me retiendrais, dans le dos, disais-tu, et moi les mains à ta nuque pour pas que je bascule. Et voir nos abdomens, nos sexes dévoilés. Te voir aller en moi une première fois, sentir cette densité, la pression de mon corps sur la pulsion de ton sang. Mon sang, ton sang, notre feu. Toi et moi, fantôme

Et te voir lentement, doucement… repartir de moi. Et voir ensemble, mes lèvres qui ne te laissent pas partir. Mes lèvres qui te sentiraient, glisseraient. On se verrait glisser, toi et moi. Je te verrais revenir, on se verrait. Je te verrais repartir, mes lèvres s’arrochant. Comme des vagues sur le sable, aller et revenir, se caresser. Je me souviens bien maintenant, de ce fantasme que tu m’avais dit. Simple mais sincère et profond.

Même si… il y a un défaut, dans le début. Maintenant que j’ai parti, fantôme, je le vois un peu. Que je t’attende nue ? Tu diras que je ne l’ai jamais fait et c’est vrai, que ça aurait été beaucoup, de me mettre à nu comme ça. Oh je sais que vos, tu l’aurais fait. Mais moi que je me mets nue ou à nue comme ça, t’attendant… c’est juste un fantasme tu diras, un truc pas réalisé. Oui.

Et puis que je te attends dans un chez moi, chez toi, chez nous… ? C’est vrai que chez toi à Brest, on aurait presque pu. Mais tu sais que un chez moi, j’aurais pas eu. Et un chez nous non plus. Car toi et moi, ce n’était pas nous. C’était vos y yo. Je sais, que c’était… que c’est comme mes conditions, et que j’ai pas laissé d’autres possibilités. Mais c’est ainsi, hein ? Alors fantôme, je te laisse là-bas à l’Ouest pendant que moi dans les montagnes… je suis à cette table et j’essaie de finir cette putain de lettre.

Mais finir c’est partir, de toi et moi. Et partir c’est recommencer. Il faut ? Il faut. Tu ne dois plus espérer Jules.

Je ne sais pas si ton corps le permet, si ta blessure a fini, mais si c’est le cas, va ! Va sur la côte, au crépuscule, à l’aube. Va à ce phare où tu voulais m’emmener, et qu’on a jamais pris le temps… trop pris dans les draps, souvent, et trop pris par mon temps, que je sais que je pressais. Va à ce phare, le voir. Le phare de la petite embouchure, c’est ça ? Je me rappelle plus le nom de chez vous. Va courir là-bas, dépenser la tristesse ou l’énergie que tu voulais me donner. Je me souviens, de quand tu disais que le phare, il faisait comme des clins d’œil.

Quand tu m’apparais dans les rêves, c’est un peu ça que tu fais. Tu fais le phare, tu me fais des clins d’œil. Mais tu ne dois pas espérer pouvoir faire plus. Tu ne dois plus espérer, Jules. Je sais que c’est bizarre que c’est moi qui dis ça alors que je suis déjà si loin, et que cette lettre est déjà si longue…

Peut-être aussi que pour une 1000ème fois, je me dis ces choses-là, ces choses, à moi-même. Car l’espoir, même passager, c’est quelque chose, quelque chose, que toi et moi on aura partagé. Tu ne dois plus espérer, Jules. Tu ne dois plus espérer, … Dans cette fin de rêve, je te vois, avec ce regard de glace vers le plafond. Tu ne me l’as jamais fait, ce regard, c’était troublant de le recevoir. Ou que mon inconscient il peut le imaginer de toi.

Quand on s’est rencontré dans la nuit, à Brest, je me souviens que tu racontais des choses… des choses poétiques, étranges. Tu disais que ta vie était comme à un crépuscule. Au crépuscule, d’un cycle ? Et je me souviens aussi, que quelque temps plus tard, tu m’avais dit que d’une certaine manière, je marquais un tournant, que j’étais un virage, dans ta vie. Et que j’étais l’entrée dans la nuit. Est-ce que c’est vrai, ça ? Est-ce que encore… tu le penses chat noir ? Un chat noir dans la nuit, eh… c’est pas si différent d’un fantôme dans la neige, tu trouves pas ? Je sais que pour toi, la nuit elle a pas la signification de la peur, de la peur de la obscurité. Maintenant que j’ai parti, peut-être qu’elle te mord un peu quand même. Mais chat noir, je sais que dans la nuit tes yeux d’homme, ils s’habitueront. Ils s’habitueront à mieux, et moins me voir moi. Ainsi est le sens de la nuit. Goûter à la pénombre, s’habituer, à une lumière différente. Avec tes yeux, chat noir, j’ai pas de doute que tu vas voir mieux, clair, beau. Je ne cherche pas à te réconforter, car je sais que tu grifferais. Je te dis juste le fond de ce que j’ai dans les pensées, pour toi.

Et si quand on s’a rencontré, tu étais au crépusculej’aimerais que tu retiens ça de toi et moi. Que le crépuscule, c’est un peu comme… des feux d’artifice. C’est la fin du ciel, la fin d’un ciel. Pour un nouveau. Le ciel se met en feu, on dirait même qu’il saigne. A feu et à sang, hein mon Jules ? Un ciel, à feu et à sang, c’est là que je nous vois, toi et moi. Et que si je te suis la nuit après aussi, le début de la nuit, c’est bien. Mais ne m’espère pas. Seulement… oui tu ne dois plus m’espérer. N’espère que la nuit, quoiqu’il y a dedans. La nuit, juste la nuit. C’est beau aussi, non ?

Comme la lune dans une nuit de Brest, pleine, et tout l’argent de sa lumière qui nous caressait, pendant l’amour. Toi et moi, caressés par la lune, par la nuit. D’autres feux de artifice. Mais pas artificiels, ça non.

Ça me fait mal, finir cette lettre… maintenant… je relis ton dernier message, que j’a pas répondu c’est vrai, pardon. Ces jours-ci dans la montagne, et pour le futur… oui peut-être que… tu n’es pas de mon entourage car tu n’es pas ici, dans ma vie de tous les jours. Mais j’ai des souvenirs si beaux de notre temps ensemble qui fut si court mais intense. Je crois que je ne pourrai jamais te le dire, mais je sais que je le verrai plus beau encore, avec le temps qui passe. Ton regard doux, comme une caresse, comme me caressant, oui… tes mains. Ton visage des fois de petit garçon, des fois d’homme. C’est étrange tout ça, hein ? Comme sorti de nulle part. La fin. Ça sort d’où, une fin ? Des fois, nous ne savons pas. Je ne sais pas… ça te rendrait fou, je sais, que je le dis mais… oui, de tout ça, je ne sais pas. Je ne sais pas.

Je crois qu’il y avait des questions dans la communication que je ne sus pas résoudre de manière tendre. Dans ces moments-là, j’ai pas eu la patience nécessaire, mais aussi la capacité de… m’ouvrir ? Cela demandait du courage. Que peut-être je n’avais pas, pour t’expliquer certaines choses. Du moins… je te les ai dit, ces choses, mais peut-être sans l’intention profonde et sincère de les surpasser, de me surpasser, et d’aller vers toi. Mais je pense qu’il est bon… qu’il est bon que tu saches, que j’ai passé beaucoup de temps sans me permettre de me… de me livrer à une autre personne, et que tu as été le premier avec qui j’ai essayé.

Je sais, je sais, chat noirje ne fus pas parfaite, et pas non plus la meilleure version de moi. Et toi non plus, je le sais. Mais je t’ai voulu comme j’ai pu même si je n’ai pas pu… autant que j’aurais voulu, à ce moment-là. Tes baisers, tes mots. Tes baisers, tes mots, et ta manière de faire l’amour. Ce sont des choses précieuses que j’ai en moi. Oui, même ta manière de faire l’amour, même avec ce que je t’ai écrit dans cette putain de lettre trop trop longue… je sais que c’est contradictoire mais c’est ainsi, non ? Tout ne va pas toujours dans un sens. Les nôtres maintenant par exemple, parce que le mien il part ailleurs, oui. Tout cela, c’est difficile. Je ne sais pas… je ne sais pas comment finir, cette lettre.

Avec ces rêves, c’est étrange mais j’ai l’impression d’une autre réalité, que ma distance et nos silences ont… installé. Ce rêve, te voir allongé sur ton lit dans la nuit avec une femme qui est moi mais qui est pas moi. C’est comme si je me souviens alors aussi, de tes silences et ton regard de glace, comme si on ne s’entendait plus. Alors que si, non ? Je ne crois pas que tu sois… je crois pas que tu es en colère de moi. Triste, peut-être.

Si aujourd’hui tu étais là… tu pourrais m’aider à la finir, cette lettre. Moi, je ne sais pas. Si aujourd’hui tu étais ici ou si l’on pouvait remonter le temps… Si tu étais là dans les montagnes avec moi, ou que on pouvait remonter le temps, je te… étreindrais ? je te étreindrais ? Je ne sais pas comment ça se dit ! Je te prendrais dans mes bras, et je t’embrasserais tendrement, aussi. Je t’embrasserais oui. Je ne sais pas si cela résoudrait quelque chose, comme le jour de l’étreinte. Mais nous nous comprendrions une fois de plus encore. Car je sais que nous pouvions, même si j’ai parti avant que nous pouvions davantage, plus.

Je ne sais pas comment finir cette lettre, vraiment. Aide-moi, fantôme, … je ne sais pas le faire ! Je ne sais pas. C’est tout ce que j’aurais pu te dire en partant. Je ne sais pas ! ça te rendrait fou, je sais. Mais je ne sais pas. Comment on finit quelque chose que on ne veut pas que ça finit, vraiment ? En face de toi, je crois que je n’aurais pas pu. Ça aurait été trop difficile. Je n’aurais pas su et maintenant je me piège toute seule, avec cette lettre immense. Je ne sais pas ! Comment ? Aide-moi… à finir ces mots. Moi je ne sais pas. Non… je ne sais pas.

 

Agu.

 

Si… peut-être je sais.

« J’aimerais t’écrire de la poésie »

Tu te souviens ?

De la poésie

Et du désir

Nous, des îles

Nous, deux îles

Vos y yo, una sola

Insula

De poésie, una isla

Une seule poésie

Quand au seuil de mi castillo

Quand toi seul, à mon château

Qu’en moi je te voulais

Qu’en moi je voulais, vos y yo

Comme un château de poésie

Vos y yo, je m’y sentais comme un château

Un castillo, ouvert à toi seul

Ouverte à toi, dans mes sommeils de désir

Où tu trouvais ma voix, en poésie

Où tu trouvais ma foi, en vos y yo

Ouverte à toi, en des châteaux de poésie

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2 années il y a

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