Volcanisme d’enfantillages lunatiques
Cela s’appelle une piqure de rappel
De ce qu’est la redescente, irrémédiable
De l’ascenseur stellaire
Tes mots ont la senteur du passé moribond
Ton humeur la forme d’une stèle
Et je redescends l’échelle de nos valeurs, les choix à faire ou à défaire
L’information ici est claire, comme la foudre au sommet
Du volcan, nous n’avons rien appris
Puisque tu réitères et que je ne sais pas parer le délétère autrement
Qu’en t’écoutant, qu’en te donnant des mots
Que tu prends pour du grain, et nous mouline une macération
Une purée de pois se forme dans les hauteurs
Putréfaction d’espoir, pour une pluie bientôt sulfureuse
Il suffirait que tu la taises mais non, tu l’attises
Et te fonds dans l’élément hostile et menaçant
La fatigue est ton amante, sa fureur te pénètre
Et voilà que tu grondes au goulot de la terre
Au biberon du volcan, tu fulmines vaporeuse, vénéneuse
A roder autour du vénérable feu, comme une faille dans le vulnérable ciel
Et va pour de bien malheureuses poignées d’heures
Nous voilà fétu de paille : empoignade ouverte
Entre l’anneau terrestre et la marée céleste
Divorce imminent ou remariage avorté
Dans des fulgurances de néant, tu t’étends, t’étends
Titanesque, insaisissable : impossible à raisonner
Puisqu’en ces zones-là, il n’est pas question de sens
Et comme en ces heures de toujours, tu dégoulines
Il suinte ici des apparitions, voraces pour toute suite véritable
Appétit chaotique, d’une petite fille au fond
Volcanique et incapable de préserver son amour
Sommeil tectonique, dont les tremblements te secouent
Sans t’en réveiller, en nous ensanglantant de sentences
La senteur d’ici sur les arêtes du volcan, elles nous sont bien connues
Et jamais tu n’entends que cette peine-là que tu provoques toujours
Que jamais elle ne se commue, en solution ou soulagement
Je suis insensible au feu mais pas à la toxicité de ces fumées
Et je m’attriste que tu ne voies pas, que tu ne nous irradies pas mais pollues
Le futur, ce diamant qu’au bord des lignes tu souilles
Comme si tu pensais polir en rayant
Alors que tu n’en ris pas mais engranges pour l’après
Car à l’apogée l’amour veille en toi, en d’autres moments
Et quand enfin tu appareilles pour le lendemain, tu t’aperçois
Qu’au cours de la fureur dont les traces fument encore sur nos peaux
Tu as scarifié le mouvement, de sillons haineux, diluviens de délirant
Et de là : rente à payer que tu t’attèles à rembourser
Te rappelant à peine ce qui la veille s’est produit, ou le déformant
Adressant tes excuses à nos membres qui malheureusement
Déjà trempent dans du formol
Et par instinct, de ton autre naturel étant épris
J’essaie de penser que de cet éclat tu auras appris
Qu’en t’emportant, tempêtant, frappant pour des choses sans importance ou récitées à tort
Tu auras un peu plus de résistance à la prochaine éruption
Mais dans ce journal délavé de feu je crois
Que je ne fis que recenser les épisodes, jusqu’à la suivante parution
Jean-Marie Loison-Mochon