Vendée Globe 2024 | Mercredi 8 janvier 2025
Les latences du Pot-au-noir, dans le dos pour eux
Tandis que l’avance du premier se fait au contraire de poreuse
A terre « des équipes techniques s’affairent » en vue du feu sacrant
L’un et l’autre s’accrochant, sur la carte comme à un mur qu’on remonte
Du savoir-faire se réunissant, non tant pour les accrocs, qu’accueillir ?
Recueillir l’épique : de ceux ayant collectés l’air pendant deux mois
« avec l’approche des premiers concurrents » émoi ?
« Le village » ne décrocherait plus les yeux des productions satellitaires
Répandant les nouvelles, les rumeurs, les versions d’arrivée de chacun
Les paris sont ouverts depuis longtemps, dans cette capitale éphémère
Pour la voile « pour les deux principaux concernés » sous couvert de superstitions
Il y a ces petites phrases que l’on ne se dit pas
Il y a ce que l’on conçoit, ce que l’on se conseillerait, ce que l’on sait
Mais ce que l’on ressent, on se le tait
Se gardant du mauvais œil qui sur eux n’a pas tant sévi
Dont « les routages mènent désormais jusqu’à l’arrivée »
Jamais aussi près de caler qu’au moment d’en finir
Tout un tour du monde culmine ici, pour une « pleine ébullition »
Lequel des deux sera la 1ère île à rallier la terre ?
Tour à tour mais dans quel ordre ? aujourd’hui 170 milles
Le quai, les feux, les cris ; de jour, de nuit ?
« c’est RAS pour le duo qui domine » en la journée soixante
Sois sain, sois simple, écris ta trajectoire : les dernières rasades
En pensées décris ta course, pour les derniers temps de cette immense tournée
Evite-toi les vases de bleu, ou toute offense comme à Soissons
Les avances se réduisent ou s’étendent
Dans ces plus tendres conditions, l’un des navires serait meilleur
L’autre serait « fatigué par la répétition des efforts » ? allons
La pression repose sur celui qui a déjà brigué la couronne
La course, sur celui qui la mène, l’emmène comme souvent
Depuis des semaines, avec quelques semelles élimées sûrement
Le deuxième témoigne et fait reposer les attentes ailleurs que sur lui-même
Dans ce mélange constant de vérités et mensonges, d’usures rusées
Et si le vent s’absentait ? regroupant les deux semis
Rythme à garder, paraître hagard et las juste ce qu’il faut
Pour repartir à la guerre, illustrer ce qu’est sur l’eau, se faire concurrence
« Quel sera l’écart entre les deux premiers à l’arrivée ? »
Tout dépend des clefs qu’ils utiliseront, du vent, de leurs bras
La lutte ici n’est pas à l’immobilisation la moindre
Mais à river l’effort vers les feux ; la rixe à son paroxysme
2300 milles sur lesquels le moins buter ; mobilisation totale
Au large du Cap Vert, la toux ne se ferait pas comme bleue
A quarante heures devant, les airs venus d’Afrique
Embrasure placée, vers la fin ?
Et les embrassades, les étranges contacts humains
A ce jour, à disons 8 d’y être, tel n’est pas ce qui les étrangle
« impressionné par la résistance » comme un terrien observant l’imminence
Les durées, la préséance, la pression, l’allure quasi délurée
Tout ça dans cette course rendue régate d’endurance, à l’échelle du plus grand
Tour mondial des anticyclones et dépressions
Tous remontent ou presque, trois encore au milieu Pacifique
Et trois derrière, bien après la Nouvelle-Zélande cela dit
Tandis que sous la digue qu’est l’Amérique, le Cap Horn attend
Le trio là aussi, qui lui-même attendit de passer cette porte
Tous sont des battants, mais tous n’ont pas voulu la battue des cieux
L’habitude ou la sagesse déjà jeune, plutôt que l’hébétude des saccages ajournant
Ce jour neuf les pressent sous l’Amérique latine
Alors qu’une pluie d’entre eux serait en train d’entrer dans l’Atlantique
Les images retentiront longtemps dans les yeux, de ce point réputé tyran
D’au moins des centaines d’année, la réputation qui ne laisse pas de glace
A l’Est des Malouines, tout à l’Est, deux s’en approchant, frôlant :
La zone interdite, épaulés par ce vent qui leur vient au nez
Elle sur un seul bord : une seule aile l’auréolant
Lograr un cabo, no en la costa
Obtenir un cap, non sur la côte
Mais dans des à-côtés qui lui permettront de s’extirper
Todo lo que le costó a lo largo de la ruta
A ella, avec emphase et insistance
Au navire, cela est presque un bras
Et sous l’acidité des aléas, son garrot se dit : poursuivre
Pour sûr qu’ils s’enivrent tous, dès lors qu’une avarie s’oublie, s’atténue
« Le troisième » en sait des choses identiques
Il enchaîne après que l’océan lui enseigna par de ses tannées
En solo le voilà qui « a franchi l’équateur »
La zone intertropicale l’attendant, lui tendant les bras
« il ne devrait pas être beaucoup ralenti »
Profitant d’une entente entre son sort et le ciel ?
« par les orages et les grains » parler de rage et d’écrin
Profil intact et profil amputé mais il « ne devrait pas … »
Dans ces coquins d’environs, partager les mêmes conditions
« bénéficier des vents du système dépressionnaire »
Les deux bénéficiaires en ayant déjà pris leurs parts ?
Les positions seraient entre ces trois, podium dessiné
Alors qu’après le Cap Frio, les options se révèlent
Ceux de l’Ouest de la côte, ceux de l’Est qui s’élèvent un peu moins
Les lèvres des côtes pour une formation d’attaque
A 100 milles d’écart sur l’arrivée, ascendant pris mais restant fragile
Deux navigatrices leur revenant dans le dos, et un autre s’enfuyant
S’enfilant du travers pour aller chercher d’autres angles
Histoire de rejoindre ce groupe de presque inséparables ?
Dans ces parages, à distance mais comme sanglés
Aucun écart sanglant même si les navires n’ont pas toutes les parades
« les bateaux sont usés et les pépins techniques se multiplient »
Un mât, un dos, une structure rendue malingre au long du voyage
Mal induit d’une course au large et si longue
D’autres chants leur raconteraient les pics de leurs bagages
L’épique aux accents d’espilon ou êta, leur homérique est au présent
« tous font face à des grains parfois très virulents » : tel est l’état du front
Le ciel accentuant ses chansons de sirène, attisant ses fusées électriques
Testant ou martyrisant l’éclectique du chemin de chacun, qui les amuse pourtant
Jean-Marie Loison-Mochon