Vendée Globe 2024 | Mercredi 25 décembre 2024

Il n’y a qu’à lister les fleurs faites et les crasses commises

Pour beaucoup le calice et pour 4, même, l’apocalypse

L’une encore occupée à sauver la carcasse de son embarcation

Pas de changement de voile, sur gréement de fortune

Changement de voie, le temps ne lui facilitant rien

Factions irritantes depuis dix jours entre Australie et Tasmanie

En passe maintenant de rallier un refuge, dans on ne sait quel état

Séquelles mentales mais le mantra bien ancré, de s’en sauver

C’est qu’elle monte à l’allure d’une mortelle alors qu’avant, filante

Les toits les plus limpides au large pouvant être les plus dangereux

Pas épouvantables mais rudes pour lui aussi, cela dit

Ce laps d’une journée, du troisième, laissé sur le duo

Pas de laxisme sous 50 nœuds de vent, même derrière

Du haut de sa place il peut voir venir cependant

Les prétendants à le rejoindre étant dans des bords divers

Là-bas ça s’appellerait l’été, mais à 1000 milles : distance qui refroidit

Rien à voir avec le « cadeau hors norme » des 1 et 2

Horn homérique en cela qu’il leur fût des plus hospitaliers

De 1 à 2, 9 minutes pour se comparer

Pas alliés mais sous les meilleurs auspices

Dans cet immense jeu de piste, les plus rapides et favorisés

Puisque les faveurs sourient à ceux sachant se ménager du temps

Ou s’en affranchir, avec la saveur qu’ont les seules distances croquées

« la fierté d’un tel accomplissement » ne peut en rien être boudée

A des bords et des bords de là, d’autres se déguisent ou se divertissent

Eux ne se masquent rien, cherchant juste à être adoubé par l’Atlantique

Se divertir revient à piquer une tête

En des pays inconscients pour se payer un peu de rêve

En dépit du brio, ce duo reste bien humain

« et la satisfaction d’avoir franchi une étape cruciale » : évacuée

Car un cap passé ne satisfait pas aux projections qu’ils font peser sur demain

« Le mythique cap dans de telles conditions »

Sachant que d’autres auront plus mitigé

A s’en faire ponctionner qui sait, puisque qui saigna pourrait resaigner

Loin d’avoir une mine de résigné « en tête qui plus est »

Ces deux font les titres, accoutumés à s’envoler toujours plus loin

D’autres font les pitres, costumés, à s’en vouloir ou non

Aucun tracé n’en valant un autre, un kiwi se rapproche de son île

« seul dans son option très nordiste » mal du pays ou histoire à ressortir

« son pari osé » emballant sur le papier, emballé puis vérifié ?

« aller voir d’un peu plus près son pays natal »  

Buon natale, lui dirait un concurrent

Dévier de ceux qui suivent : la tannée ou le succès ?

A dérives : et tout un tas de bateaux se rassemblent

« de célébrer les festivités en étant bien accompagné »

Les faits sont si vites évanouis, les jours perdus pas forcément regagnés

« Tous bien alignés comme s’ils venaient de quitter… » la terre

La réalité défie les théories de se réaliser

Neutralité quasi, compteurs remis à égalité ?

« Après plus de quarante jours de mer » mais qu’on ne tarde pas trop

« à la faveur d’une pétole » ou à la fureur d’un pétale d’orage

Plaît à la mer de « redistribuer les cartes » de rage ou d’envie

Tous se faisant envieux sûrement, de n’être pas au festin des premiers

Pas déprimés pour autant, chacun sa vitalité face aux atermoiements

Bien que le bleu sur une carte ait la viralité des ralentissements

Pas trop d’hématomes laissés en pensées cependant

Eux ayant « fraichement franchi l’antiméridien »

L’intermède indien terminé, les terres même laissées

Allant vers un seul point, déterminés, là où il n’est personne :

Nemo qu’on dit, condiment pour éveiller l’appétit d’un jour de fête

Rien de candide, ils y parviendront dans quelque temps

Après un autre duo, dont l’un des membres avait subi des contusions

Et l’autre occupé à naviguer ou fusionner en un vieillard à barbe

Il y a tout le rébarbatif des redites et des vœux et des repas aménagés

Reste le plus attractif, des vouloir tendus vers le feu suivant

Vers trois autres au-devant, deux femmes un homme

Par 25 nœuds de vent, ça longe une certaine zone proscrite

Le Pacifique ne répondant plus de l’intitulé prescrit

Les tuiles des vents morts ont enfin relâché deux navires

Bien que la fuite des onze premiers soit actée

Et puisse laisser une once de regret ?

On se remet en avançant, maxime mille fois redite

Redite maximisant les milles et la foi dans le fait de recoller

Quand à huit ils vont vers la colère du Horn

Les couleurs varient, les couloirs voient rouge ou vert jauni

Le prédécesseur a « préféré miser sur la prudence » et ne rien en avoir

« pour contourner la pointe chilienne » épique en heurts sinon

Un peu de piquant au cœur, d’évité ? « en choisissant de s’en éloigner »

Dévier tisse une toile, mais les étoiles aussi écoutent les volontés

Déjà écourté d’une aile, peut-être ne voulait-il pas trop courtiser les diables

Là où les vents sifflent une cueca, là où la danse peut se corser

Passant il est passé « conscient de vivre aujourd’hui une expérience unique »

La densité s’obtient aussi dans les passages les plus corsetés

Au contraire de son présent « dont la vitesse actuelle peine à … »

Le da pena ? en victuailles plus maigres ; et solitaire

Sous les épaisseurs telluriques de tout un continent

A peine « à dépasser les sept nœuds »

C’est unique d’accord mais cette union converge souvent :

Le risque et la gagne, le risque comme il l’a déjà couru en Indien

Là où la piste a souri puis plus, et là dans une carto lapis lazuli

Quand l’usure se lit dans les sommeils dont on émerge mal

Quand des îles sont usurpées aux yeux d’un certain pays

La bataille fait rage bien que la zone d’exclusion menace

Léchée, longée, embrassée, d’ouvrir sur une voie de garage

Bien après les Malouines bien qu’aucun des deux marins ne soit malouin

Et que tous deux soit à prôner : ce sera ma loi et pas la tienne

Pas question d’en faire débat des siècles, leur cycle à eux s’exerce bien plus court

A deux bras qui en ont vu déjà, cherchant « une stratégie payante »

Ou à la déjouer, dépêchant d’autres vœux mais « retrouvé piégé »

Les deux comme un peu en pâture au trop bleu, avant de froncer rouge à nouveau

                                                                            de foncer vers Rio

Jean-Marie Loison-Mochon

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