Vendée Globe 2024 | Jeudi 9 janvier 2025
L’Est brésilien comme une et deux semonces, se montrant
« a massive front » et de ces heures qu’il dira peu communes
« a day for the memories » amassant les motifs de dérives
Les heurts plus si intangibles : fureur sans éclaircie
Relámpagos, dont il a été fait cible
Deux fois, sous l’urgence de ces clameurs célestes
L’une n’ayant pas calmé la suivante : tombée elle aussi
Le bruit transformé en fracas
La lumière métamorphosée en rafales, de coups
Pas de ces tracas qui vous tuméfient simplement
« Most of the night, the all day, pounding rain »
Tout mystifié derrière ces rideaux
De pluies martelant la coque, d’un bruit persistant
Au côté de ce qui se fait de plus sauvage et violent
Sous vagues et élans contredits « wind from all directions »
« Triunfar en la vida, no es ganar » comme dirait quelqu’un
La magie qu’à ces mots on se fait…
Es levantarse, se requinquer, se redresser : repartir
Mais le gros temps a eu plus que de la répartie
« I was thrown around » even if he was not seeking the crown
De quel métal était-il fait ? pour attirer la lueur
Pour attiser la fureur
« a thunder of lightning » pour étêter son navire ?
Pris dans bien plus que cent risées, ne maîtrisant plus vraiment
« The pilot switching off » attentant au planning prévu
Riche idée du ciel pour un pauvre sort
Piloter dans ces coffres de Pandore, se peut-il ?
Son île saupoudrée d’une énergie hostile et tout à fait féroce
« more thunder, more lightning »
« y volver a empezar » dune énervée d’un foudroiement
« the radar is broken » y qué más puede dar ?
A l’océan, en pièces mais entier
« the screen here doesn’t work anymore »
The scene is dark and loudy
Qui donc lui a ourdi tout ça ?
Et pour quel méfait à faire payer ?
« it’s scary » mais il s’écrit la suite déjà
Sans que cette tempête soit une défaite
« Thanks to the shore team » des facéties effacées
Des amusements du ciel sur la survivance d’un marin
Dont la plus sûre croyance est électrifiée mais perdure
« no more thunderstorms please »
Et l’Atlantique sait y faire pourtant
Cet été Sud s’est-il fait les crocs sur lui ?
« Still can’t believe this day »
Qu’en tirer ? à part de s’être fait cribler
Lui qui déjà à New-York s’était fait arroser
Il y aurait des rosées plus douces, plus subtilement déposées
Rayos, rayos, l’homme à la foudre s’en repart saisi
Il ne s’en repaît pas, n’en est pas replet, mais prêt à en découdre
A nouveau pour des manœuvres à moins de jus
Sur l’eau la justice n’existe pas
Cet autre au Sud en sait quelque chose, tout là-bas
Une voile tombée à l’eau « petite mission » ?
Une quille toilée, nouée, navire apprenant à faire ses lacets
« je commence à avoir le plein » et sans vraiment s’en plaindre
Possédé, dans son récit qui n’a de posé que l’objectif
Il avait « passé le Cap Horn, retrouvé plein d’autres bateaux »
Puis bataille avec un sac de nœuds « qui fait 200 mètres carrés »
Le bateau couvant sa voile plutôt que lui-même couvé par elle
« Le Code 0 qui fait le tour » pour un assaut comme inattendu
A s’en chanter lui aussi de ces « and my thoughts got rude »
Le cas de ce marin était aqueux, et sous surface
« il fallait que je me mette à l’eau » émette des solutions
Car l’ablution n’était pas neutre « sous le bateau : un peu dangereux »
Avec une immense apparition tout près
« en train de dériver gentiment vers les cailloux »
Quand il y repense, l’embarcation non manœuvrable
« J’ai voulu m’attacher » et puis en pleine mer à quoi bon ?
Prenant le risque ainsi de s’arracher à son refuge
Pour « un parachute sous l’eau, une ancre flottante »
Forfanterie d’un aléa de plus
« Il n’y avait qu’un tour dans la quille » alors en tentant
En tendant des bouts, d’avant, d’arrière, retraite : victoire
En tension certaine, sous la pression du Horn l’attendant
Alors que désormais il repart
Mais que la tendance est à une autre partie, de déplaisir
« On va se faire manger par une dépression »
Pas de quoi se venger en termes de distances
« 50-60 nœuds » mais il a « récupéré la voile » …
Elucubrations du hasard, dispensées à ces marins-là
Comme elle dont le moteur a fui et fui, emplissant l’habitacle
Dépendance, à présent, des avancées pour se recharger
L’hydro générateur fonctionnant… au vent
C’est contre-intuitif et pourtant censé
Au-devant d’elle la dépression s’étend, elle se l’est presque évitée
Une vie tourne à un rien, d’une plongée dans l’inconnu
D’une mécanique rongée, de comme une volée sortie de nulle part
Combien encore d’ici au grand final ?
Quand deux se trouvent au niveau des Canaries : tout à fait rivés sur l’objectif
L’arrivée ! quand certains ont celui d’arriver
Une lettre peut tout changer, une missive de vent
Certaines phases sont punitives pour l’efficience
Certaines phrases sont à cultiver, pour réarmer un sens
A la souffrance subie, aux avaries qui sur eux gravitent
Aucun bateau fendu cette année, aucun coulé, aucun secouru
Mais les coups limpides et brillants sont autant faits du ciel que des meneurs
Enduits peut-être aussi de ce qu’il faut de favorable
Faites vos jeux, pas à l’abri de faire erreur, pas à pas
Le triomphe se construit : les victorieux se relèveront, instruits
de lèvres au front
Jean-Marie Loison-Mochon