Vendée Globe 2024 | Jeudi 12 décembre 2024
Se dévoyer se fera nécessaire plus tard peut-être
Mais ici « où je pouvais sous-toiler le bateau… »
Mettre un petit incendie de plus, aux poudres d’une avance
« … si jamais ça bastonnait » que la mer batte de tout ton être
De petits incidents masqués, qui sait ?
Le bâton n’était pas pour cette fois-ci ; es decir ?
Que les milles foisonnent sous lui
Sans l’illusion de rien, son île mouvante emmène la course
Laissant à d’autres bien loin, de vivre les courants de l’Indien
Genre d’épouvante : d’à qui la casse cette nuit ?
Des légendes de l’Indien s’époumonnent sur eux
Quand le meneur s’éprouve on ne peut mieux
« ma route n’était pas forcément la plus risquée »
Calme heureux ou surtout, flambée devancée
En course avec une tempête aux trousses, autre compétition
« Au final, vous avez réussi à rester devant la dépression »
Déboursant moins de dégâts qu’un autre dont l’aile a battu, toussé
Ou de ceux-là ici ou là, dont la houppe des boutes a pris la malle :
Fanal d’une voile dont l’océan les a détroussés
« je pensais me faire happer » mais au prix de moultes cogitations…
Par pure impertinence il aura su s’échapper
Avant, pas à dire « j’vous en fiche mon billet »
Pas imperturbable quand « un fichier est tombé … »
Après un long jeûne de claques, si le vent revenait…
« j’allais me faire rattraper super tôt, cartonner »
Or non, car son heure ne l’a même pas trop sonné
Son île a poursuivi, au trésor de circonstances bien saisies
Si derrière on a commencé de boiter d’une patte
Hors toute sidération « il a fallu se bagarrer, envoyer du bois »
Et le bout de gras se l’arracher, dans ce mince interstice
Dans ses mains, cet appendice d’invisible a fonctionné
« je sentais que j’étais ric-rac » dans ces mers un temps à ses basques
Sans trop d’indice en tout cas, qu’il ait été ponctionné
Sous la menace du tic-tac du temps, moins temporel que céleste
A combien sont les probabilités, qu’il poursuive sans trop casquer ?
Sous la même nasse, s’il se remettait, serait-ce sans que plus de peur s’en suive ?
A combler le retard, derrière on a plutôt vu gonfler l’espace
« avec la toile que j’avais… » il se savait précaire
Sous le tout sauf spasmodique d’un ciel dépressionnaire
Celui que d’autres ont maudit, que lui a embrassé
Il entendait presque le son du réquisitoire encouru
« … parce qu’un ralentissement aurait été rédhibitoire »
Mais c’est passé : puisqu’à ce qui frappe, il faut rester collé
Subrepticement « deux fois, j’ai commencé à sentir le vent mollir… »
Soit sous les sourds avertissements du silence
« … je me suis dit que c’était mort »
A se faire démolir, sous les assauts d’un démon peu libérateur
Mais grand garçon il a su garder toutes ses dents : à sa bouche des mots libres
A presque toucher la limite, qu’il s’agisse d’une mer creusée ou d’une seconde cruciale
L’âme a son talent pour saisir ce qui paraît plus nuptial que létal
L’homme, à son allure, s’esquivait de ces pluies, brutales un tant soit peu
« à chaque fois, je réussissais à repartir »
A son allant ne peut-on pas dire ? que la transe sourit aux audacieux
Tel est le son qu’a la langue quand elle échappe jusqu’aux glaçons
« quand la zone de glaces a commencé de s’infléchir… »
Comme si la détermination était un hameçon mis sur la vague de devant
A la foi, s’adonner à sévir encore un peu de l’effort
C’est alors que « le vent a commencé à donner pour moi »
C’est talent aussi, d’être à l’heure des intempéries :
Elles qui sont un temps péril, un temps périphériques vers l’après
Ébouriffé mais sur les rails, pour y faire l’île-voguante et 1er toujours
Sourire à la tempête, l’esbrouffe y fit son effet
Moins à brailler que prévu « le centre de la dépression a dégagé vers le Sud-Est »
C’eut été destructeur peut-être mais personne ne saura
Lui échappé par la persienne, de talus aux dents acérées
Puisqu’ « il y a eu une grosse perte de densité »
Comme une perle offerte à lui seul, dans cette fresque d’enfer
La dantesque devra se refaire pour le chamailler
Et le temps teste ainsi en effet, alors au rivage de ses désirs ?
« que j’arrive à maintenir le gap » ou le goût pour la pagaille maîtrisée
« Vous attendiez-vous à en être là après un mois ? »
Sûrement pas las même si un tantinet fatigué
« quand tu te rappelles que dans l’Atlantique… »
Et voilà que de la suite il a su tirer parti, sans tirer autant que d’autres par ici
Il parle alors d’une antique répartie : l’instinct
Et « l’impression d’être à la bourre sur tout »
D’être au labeur surtout
« pas l’impression de devoir tuer le temps »
A bord, plus à se dire « tu es le temps, de référence »
Lui qui a rallié Bonne-Espérance à Leeuwin en 9 jours soutirés
Le plus rapide à changer d’océan, sans entretenir le biais que certains y trouveraient
A soutenir qu’une nature est interchangeable, sans conditions
Quand sous d’autres conditions, d’autres Sud, il poursuit son moissonnage
Un mois non sans agitation et sûrement plus grand au-devant
« Il y a une petite dépression qui passe demain »
Sûr qu’il aimerait l’attraper, avant la troupe et enquiller
« que je décide comment je la gère et où est-ce que je passe »
Sans laisser de trace possible dans son sillage, où d’autres viendraient briller
« ça fait plus d’une semaine qu’on est vraiment dans le dur et là … »
Les sillons sur l’eau apaisés : le calme « enfin un peu de mer plate »
Le cas maintes fois répétées, de scenarii distincts, de scenarii distants
Tout est admis paraît-il, dans cette scénographie
Comme à diminuer son latin, d’un scenario démultiplié
« the end of a whole week in really strong winds »
Someone lost a wing, des mutilations que certains ne peuvent connaître
A dérive et plein Est, comme être en mimétisme, all along the path
A dire vrai et d’un zest en quelque casserole nocturne
Pas celle que certains traînent, he is « going out of [my] cave »
Make a way better steam : avançant, et ce pour se stimuler, qu’est-ce ?
Comme si l’amulette du vent portait ses fruits, rapportait l’estime
« making great progress »
Jean-Marie Loison-Mochon