Semis de rêve
Est-ce qu’en t’écrivant, je m’incante une vacuité ?
Que j’infuse d’un manque criant, de lucidité ou sincérité
Je me suis refusé, non à toi mais à la toile de tes fureurs
Clivante, bancale ou brillante : ma pensée actuelle porte-t-elle ?
Est-ce un atoll tout ce qu’il y a de plus isolé
Ou l’archipel attendant nos marées ?
Le sol est-il meuble ou ferme ou mouvant ?
A ma rhétorique, face à tes changements ayant tant attenté
Jusqu’à mettre en état critique nos terres communes
Ma voix est-elle à entendre ou à taire ?
Je reste maître et lis mal ce qui serait réel et prophétique
Je pourrais l’écrire et t’en tendre une main
Et lier ma ligne à une réalité neuve
Distincte, en tendresse et maints ponts à reconstruire
Loin de ces malines tempêtes qui te possédèrent
Qui nous polluèrent tout un éphémère, jusqu’à détruire
Et c’est ainsi qu’en des poussées d’airs : ces mots
Qui n’assignent personne mais qui dessinent ce que ma nuit revêt
Que je signe de ma rive, pris comme des semis de rêve
Jean-Marie Loison-Mochon