Présences souterraines

Le calme est-il fureur ?

Je crapahute, à fureter dans un bois

Avec l’amour, l’accalmie fût rare

Et je sens ma pensée alarmée sur ces chemins

J’y suis seul, je me poursuis : en fuite de l’invisible

La solitude ne doit pas être fait rassis

Et je ferraille ici avec ma lave, car allons bon, la clameur !

A l’embonpoint des petites certitudes du monde ; je fais de grands pas

Etant dit, canaille, que l’amour est tout un monde

Je sens ma pensée alerte, en passe d’être atteinte

Dans ces bois il est quelque chose qui m’observe, me guette

Par endroits la teinte du printemps, mais dans l’envers ?

Des silences me scrutent, des stridences cessent d’éructer

Je ne suis pas érudit en tout mais en instinct, un peu animal

Et à l’instant, et dans le suivant, le sur-suivant

Je sentirais comme tout un peuple animé alentours

D’ombres ou regards, sentier résonnant voire hanté ?

Il me faut entrer dans ces couloirs, m’y attend-on ?

L’amour aussi est un conduit, sauf à lui entrevoir des entraves

Et j’ai cette inconduite de gambader magmatique ici

Dans l’éruptivité de mes mouvements, mais aucune irruption

Alentours pas un spectre, pas même une aura fantomatique

Panorama d’allées où il me faut aller, étendre des foulées

Etaler ma très maigre science des humbles avancées

A retranscrire des flamboyances, à retrancher des mots de cendre

Mon sang est d’un volcan, je ne veux plus que monter

Je ne veux plus quémander, quereller, avec ces corolaires vains qu’a l’amour

Et ce bois a l’humeur de m’écouter, attentif, en retrait

J’en ressentirais parfois comme une prise d’élan, dans mon dos

Ou à mes flancs sur les lisières, les talus crevassés, les bosquets étriqués

Monde au parfum de sanctuaire et j’y ai pénétré

L’âme purifiée, mais lave pour idée

Mon sang culbute et l’amour faussaire me rebute de mots absurdes : usurpés

L’amour, pure idée ? le calme

Est-il fureur ?

Dormante, en ces bois qui semblent parlementer

Quasi tourmentés de me voir tout redescendre, tout regrimper

Au crépuscule un peuple est à errer, même à roder

Ma place ici a la valeur d’émeraude et j’en cueille les éclats

J’enquille les pas comme des semis, des scories

Magmatique à m’inventer du réel, c’est-à-dire ?

A le deviner, même à l’état d’énigmatique

Jean-Marie Loison-Mochon

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