Noirceur cosmique - Jean-Marie Loison-Mochon

Noirceur cosmique

Ce matin, j’ai la noirceur cosmique

La nuit et moi sœur, frère

Dans la main, c’est un peu rythmique

Mais la moiteur aussi, d’une peine épisodique

J’ai puisé dans d’innombrables sources

Et j’l’épuis’rai cette peine : lui souriant serein

J’lui serai un sourire et nous verrons bien

Il s’rait illusoire de vouloir aller bien

Car on ne peut aller ni mal ni bien

On ne peut qu’aller, n’est-ce pas André ?

Alors c’est à l’air de ce matin, que j’vais partir

C’est à l’heure de ce matin, à la noirceur cosmique

Que j’vais aller à l’Est, errer à l’aurore

Qui au bras de l’aube aura l’eau berçante d’une pluie

Qui au bas de moi sera comme une étreinte de nuit

Dans la joie de noirceur, noirceur cosmique

Ma nuit, toi sœur, moi vulnérable

Ma noirceur, de désir et mouvement et amo…

Amante, de ma noirceur cosmique

M’amender je n’cherche pas : juste aller

Ma montre ne dit rien, j’suis à l’heure sûrement

A l’heure de moi-même, des premières pâleurs

Ma nuit quand j’t’en voyais, de la lune

Quand elle t’envoyait d’ses lueurs cosmiques

Comme ma noirceur, à l’union

Homme et, ma nuit, homme et abrasion

Et ma noirceur cosmique, en éruption

Homme ou chat, noir, serein jamais

Ma nuit, dans ce rien j’avais vu : cosmique

Dans ce rien j’aimerais voir, et plus, après ces pluies

J’aimerais renouer avec ce rien, cyclique

Téméraire crépuscule, aux yeux embués d’toi

En nuées d’obscurité, de noirceur : cycliques

Je veux traverser l’aube, la scruter en moi

Et revoir ici, nous r’voir nous déverser

Verser dans c’que j’suis, ce que tu es, ma nuit

Une lueur cyclique et moi, noirceur cosmique

Une alliance iconique des bascules

De la nuit et du crépuscule

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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