Noirceur cosmique
Ce matin, j’ai la noirceur cosmique
La nuit et moi sœur, frère
Dans la main, c’est un peu rythmique
Mais la moiteur aussi, d’une peine épisodique
J’ai puisé dans d’innombrables sources
Et j’l’épuis’rai cette peine : lui souriant serein
J’lui serai un sourire et nous verrons bien
Il s’rait illusoire de vouloir aller bien
Car on ne peut aller ni mal ni bien
On ne peut qu’aller, n’est-ce pas André ?
Alors c’est à l’air de ce matin, que j’vais partir
C’est à l’heure de ce matin, à la noirceur cosmique
Que j’vais aller à l’Est, errer à l’aurore
Qui au bras de l’aube aura l’eau berçante d’une pluie
Qui au bas de moi sera comme une étreinte de nuit
Dans la joie de noirceur, noirceur cosmique
Ma nuit, toi sœur, moi vulnérable
Ma noirceur, de désir et mouvement et amo…
Amante, de ma noirceur cosmique
M’amender je n’cherche pas : juste aller
Ma montre ne dit rien, j’suis à l’heure sûrement
A l’heure de moi-même, des premières pâleurs
Ma nuit quand j’t’en voyais, de la lune
Quand elle t’envoyait d’ses lueurs cosmiques
Comme ma noirceur, à l’union
Homme et, ma nuit, homme et abrasion
Et ma noirceur cosmique, en éruption
Homme ou chat, noir, serein jamais
Ma nuit, dans ce rien j’avais vu : cosmique
Dans ce rien j’aimerais voir, et plus, après ces pluies
J’aimerais renouer avec ce rien, cyclique
Téméraire crépuscule, aux yeux embués d’toi
En nuées d’obscurité, de noirceur : cycliques
Je veux traverser l’aube, la scruter en moi
Et revoir ici, nous r’voir nous déverser
Verser dans c’que j’suis, ce que tu es, ma nuit
Une lueur cyclique et moi, noirceur cosmique
Une alliance iconique des bascules
De la nuit et du crépuscule
Jean-Marie Loison-Mochon