Nantes- Buenos Aires - Jean-Marie Loison-Mochon

Nantes-Buenos Aires

Nantes-Buenos Aires

En tes rues, ville, je ressuscite

Ou plutôt je récite, une nuit d’alors

Une nuit d’à l’orée de moi-même

Que plus tard que tôt, j’ai récitée en pas courus

Nantes, elle et toi n’êtes pas du pareil au même

Mais en toi j’ai couru cette nuit, me sentis-tu ?

Sentiste[1], Buenos Aires ?

Sans t’attrister, m’être apparue ici à Nantes ?

Dans ces rues ce cycle se redessine

En accéléré il rue en moi aussi

En accélérant je rive mes yeux à l’effort

Vous êtes deux rives à mes yeux, des formes

Vous n’êtes ni formelles ni anarchiques

Vous m’fîtes mal mais ma résistance est unique

A unir vos quais je cours ce soir

Sin equivocarme[2], vous m’êtes un vocable imprécis

Imprécision des yeux dans le noir, vos nuits

Et la dérision du croissant qui sourit là-haut, sourit de jour

Et s’ouvre ici en moi, le souvenir d’un surajout

En serai-je digne ? Je m’rends flou

Nuit, Nantes-Buenos Aires : floues

Nuit, je m’enfonce en vous

 

 

[1] Sentis-tu ?

[2] Sans me tromper

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Buenos Aires - Jean-Marie LoisonMochon
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