Mots d'évanescence - Jean-Marie Loison-Mochon

Mots d’évanescence

Je voudrais terroriser tes craintes

Te griser d’horizons à éreinter

Je coudrais des heures, de fusions incertaines

Car l’incertain te tend mais fait tout

Il s’insère en toi, entre nous

Et tu t’en sens le cœur serré

Comme incarcéré dans des peurs

Comme encore saignée, dans tes pores anciens

Dans le sang tu cherches à lire du sens

Ce que la vie t’a enseigné sans le dire

Sans le dire ce que la vie t’a enseigné

Moi je ne sais pas, tes voiles m’étreignent

Alors à tes ports, j’erre et navigue

Je n’essaie pas de les lever, tes voiles

J’ai la vie grande et gracieuse

J’ai la vue grandie, délicieuse

D’étreintes qui, sans les dire ensorceleuses

Quand l’incertain te tend, demeurent

De mes rives je te tends cette main

Je ne sais ce que m’enseignera demain

Je ne signe pour rien, sauf en chat noir

Je trépigne entre rêve et insomnie

Je ne nie pas ce que nous sommes

Je ne nous somme pas d’être un défini

Et cet autre chat défait le flot de notre nuit

Et c’est aux traits chatoyants d’un sourire

Au très lointain château que ton sommeil susurre

Que ma main s’étire au ras de ma conscience

Qui ni plus ni moins écrit, me veille

Je respire ici l’évanescence

J’inspire ici l’essence de nos veillées

Et j’en regarde les danses, la densité

Que la puissance me dise en garde !

Ou m’incite en silence à nous déshabiller

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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