Mots d’évanescence
Je voudrais terroriser tes craintes
Te griser d’horizons à éreinter
Je coudrais des heures, de fusions incertaines
Car l’incertain te tend mais fait tout
Il s’insère en toi, entre nous
Et tu t’en sens le cœur serré
Comme incarcéré dans des peurs
Comme encore saignée, dans tes pores anciens
Dans le sang tu cherches à lire du sens
Ce que la vie t’a enseigné sans le dire
Sans le dire ce que la vie t’a enseigné
Moi je ne sais pas, tes voiles m’étreignent
Alors à tes ports, j’erre et navigue
Je n’essaie pas de les lever, tes voiles
J’ai la vie grande et gracieuse
J’ai la vue grandie, délicieuse
D’étreintes qui, sans les dire ensorceleuses
Quand l’incertain te tend, demeurent
De mes rives je te tends cette main
Je ne sais ce que m’enseignera demain
Je ne signe pour rien, sauf en chat noir
Je trépigne entre rêve et insomnie
Je ne nie pas ce que nous sommes
Je ne nous somme pas d’être un défini
Et cet autre chat défait le flot de notre nuit
Et c’est aux traits chatoyants d’un sourire
Au très lointain château que ton sommeil susurre
Que ma main s’étire au ras de ma conscience
Qui ni plus ni moins écrit, me veille
Je respire ici l’évanescence
J’inspire ici l’essence de nos veillées
Et j’en regarde les danses, la densité
Que la puissance me dise en garde !
Ou m’incite en silence à nous déshabiller
Jean-Marie Loison-Mochon