Méprise sur le mépris
De l’importance de la confiance
C’est une des choses, je crois, qui m’apporte
Sans être naïf mais avec l’envie de croire
Laissant la méfiance ou la défiance à ma porte
Même si force m’est de constater les coups de griffe
Non pas qu’il faille toujours lutter, mais parfois la négligence…
Parfois la malveillance aussi c’est vrai
Tout ça est un genre de folie qui, je crois, coupe mon élan
Non d’euphorie mais d’aider à s’élever, ou nous élever ensemble
Ça me laisse quasi aphone, irruption d’une soudaine saleté dans la machinerie
Et toujours je cherche à me détourner de ce qui est gratuit autant qu’inutile
Mais l’argent plaît tant aux gens, qu’ils font méprise sur le mépris
Ils fondent des non-sens de hiérarchie, cherchent une essence dans cette architecture
Fongible et donc même pas fragile : inexistante
Mais le règne du mépris
Araignée tissant sa toile depuis la nuit des temps
Et s’il s’en nettoie un esprit, une tuile lui retombe dessus
Et déçu du monde il en revient à méfiance, défiance
C’est un défi en soi, d’aller vers l’autre et croire en ce pont
Croire à ce point, de rencontre à mi-chemin
De rien, c’est-à-dire des rues d’un territoire à dessiner
De l’importance de la confiance et des idées suivantes
-Que penses-tu toi, de ces pentes de pages que tu descends ?-
Je me défends d’être objectif ou neutre
Je me cherche juste un monde qui puisse se dire nôtre
Et mes idées et sensations, elles sont celles-ci
Que rien ne me fait peur comme la folie
Que cette méprise sur le mépris ne sera jamais abolie
Qu’en tant qu’homme je m’attaque à ces vides comme en une ordalie
A errer de ci, de là confiant, candide, comme un enfant
Pour décider dans la vie plutôt que voir des rides égrainant mon inertie
Pousser à mon front, me pousser à mépriser aussi au fond
Ma prise la plus grande et majeure dans la vie est celle-ci je crois
Que je préfère être ignare vis-à-vis de ces mondes où l’on cherche à se leurrer
Peut-être que ma bêtise m’empêchera
Qu’il y a beaucoup de choses que je ne ferai qu’effleurer
Mais ignare plutôt que malheureux : oui, je préfère ignorer
Que les gens parlent, construisant des légendes pâles
Que mes lettres circulent alors qu’elles n’étaient destinées qu’au cercle d’un seul regard
Que dans ce village qu’est la vie de chacun, il est un tapage peu réjouissant
De rumeurs, de on-dit, de bouches qui n’ont jamais approché une gare
Qui de leurs humeurs cherchent à pénétrer la brume rafraîchissante et voisine
A en vider les airs, ayant depuis longtemps renoncé à se dérouiller les ailes
Et j’aimerais me dire que le moderne et le tertiaire ont tout appauvri
Mais les mots d’anonyme ou la malhonnêteté, je crois, sont tutélaires
De l’humain depuis des siècles, et ce n’est pas l’infime cycle que je suis…
De la main qui te l’écrit, dans ton second pays : comment ?
Comment est-ce, sinon pareil qu’ici ?
Bien sûr j’espère que là où tu vis, il n’est pas la même paresse en bonté
Mais reste qu’ici je dois me détourner du village et des certitudes trop engoncées
D’un vol d’étourneaux ignorer, ces esprits qui guettent l’étourderie
Esprits où le mépris et le mauvais sont trop enfoncés
Jean-Marie Loison-Mochon