Lorient ?
Lorient ! M’sais-tu ici ?
Sais-tu, aussi, qu’un chat noir en moi s’écrit ?
Qu’à chat j’joue, avec toi
A chat avec les passé, futur
Qu’y’a deux ans, j’te vis un chaton
Moins turbulent qu’perturbé, ce p’tit
Es-tu brûlante encore Lorient ?
Es-tu branlante plutôt, ou château ?
En chat tout est plus simple, je joue
A chat, m’es-tu plus un rêve qu’un flou ?
A chat, m’es-tu plus proie qu’prédatrice ?
En moi, plus alliée qu’prédatrice ?
Lorient, dis-moi ! Du futur es-tu actrice ?
Un chat en moi s’écrit, le sais-tu ?
Ce chat en moi s’déplie, imprudent
Il a un prénom, l’sais-tu ?
Ce chat il m’est un pré d’ombres, car noir
Il a presque ton prénom, Lorient
J’le dis L’Orion, j’lui fais une fresque d’encre
J’lui fais moins d’ancrage qu’un voyage
J’le fais lutter avec une quête volage
J’le fais voler dans d’tes rues et tes murs
J’le fais atterrir ici ou à Buenos Ayres
J’me rappelle les airs aussi, de Brest ou ailleurs
Du temps où j’fus presqu’un père
Oui de l’Est à l’Ouest, passant par Nantes ou Quimper
Lorient ! M’entends-tu ici ?
M’es-tu encore tendresse, oui ?
Dessine-moi un graffiti
Ce chat en moi s’destine à son ombre
Lorient m’sens-tu ici, à cheminer ?
Lorient m’seras-tu ombre à projeter ?
Lorient m’serrerais-tu si j’approchais ?
L’Orion le chat s’évertue après son ombre
Oui Lorient, car l’errance a ses vertus
Mais est-ce vers toi Lorient ?
Est-ce vers ta rive ou ton corps, que j’bondirai ?
Quand on m’dit rade aussi maintenant, tu sais
Sais-tu qu’y’a ta sœur de nord en moi ? Brest
Sens-tu qu’y’a cette sorte de feu en moi ? Ouest
Quand j’te r’vois j’me dis pas Feu Lorient
Mais j’sais pas c’que tu miroites encore
J’sais pas, si ta rade m’irradie
Tu sais j’me cherche pas un paradis
En chat j’cherche plutôt d’où m’percher
En chat d’où jouer, un port d’attache au noir
A ta joue, j’appose ici c’baiser d’encre
A ton jour mais à tes nuits surtout
Car en chat noir c’t’ainsi qu’on s’attache
Alors Lorient, conséquence à tout ça ?
A L’Orion m’seras-tu port d’attache, étincelle ?
Y n’s’éteint pas ce feu d’toi mais dis-moi ?
Etreins-moi pour voir, d’un peu d’toi
Et d’un peu d’toi, d’moi, d’un chat noir
Voyons si L’Orion, Lorient, disent mieux l’heure en moi
Moi je n’veux qu’miauler l’refrain du feu
Je n’veux qu’m’irradier d’un feu d’joie
Lorient, est-ce que ce s’ra un feu d’toi ?
Jean-Marie Loison-Mochon