Lorient? - Jean-Marie Loison-Mochon

Lorient ?

Lorient ! M’sais-tu ici ?

Sais-tu, aussi, qu’un chat noir en moi s’écrit ?

Qu’à chat j’joue, avec toi

A chat avec les passé, futur

Qu’y’a deux ans, j’te vis un chaton

Moins turbulent qu’perturbé, ce p’tit

Es-tu brûlante encore Lorient ?

Es-tu branlante plutôt, ou château ?

En chat tout est plus simple, je joue

A chat, m’es-tu plus un rêve qu’un flou ?

A chat, m’es-tu plus proie qu’prédatrice ?

En moi, plus alliée qu’prédatrice ?

Lorient, dis-moi ! Du futur es-tu actrice ?

Un chat en moi s’écrit, le sais-tu ?

Ce chat en moi s’déplie, imprudent

Il a un prénom, l’sais-tu ?

Ce chat il m’est un pré d’ombres, car noir

Il a presque ton prénom, Lorient

J’le dis L’Orion, j’lui fais une fresque d’encre

J’lui fais moins d’ancrage qu’un voyage

J’le fais lutter avec une quête volage

J’le fais voler dans d’tes rues et tes murs

J’le fais atterrir ici ou à Buenos Ayres

J’me rappelle les airs aussi, de Brest ou ailleurs

Du temps où j’fus presqu’un père

Oui de l’Est à l’Ouest, passant par Nantes ou Quimper

Lorient ! M’entends-tu ici ?

M’es-tu encore tendresse, oui ?

Dessine-moi un graffiti

Ce chat en moi s’destine à son ombre

Lorient m’sens-tu ici, à cheminer ?

Lorient m’seras-tu ombre à projeter ?

Lorient m’serrerais-tu si j’approchais ?

L’Orion le chat s’évertue après son ombre

Oui Lorient, car l’errance a ses vertus

Mais est-ce vers toi Lorient ?

Est-ce vers ta rive ou ton corps, que j’bondirai ?

Quand on m’dit rade aussi maintenant, tu sais

Sais-tu qu’y’a ta sœur de nord en moi ? Brest

Sens-tu qu’y’a cette sorte de feu en moi ? Ouest

Quand j’te r’vois j’me dis pas Feu Lorient

Mais j’sais pas c’que tu miroites encore

J’sais pas, si ta rade m’irradie

Tu sais j’me cherche pas un paradis

En chat j’cherche plutôt d’où m’percher

En chat d’où jouer, un port d’attache au noir

A ta joue, j’appose ici c’baiser d’encre

A ton jour mais à tes nuits surtout

Car en chat noir c’t’ainsi qu’on s’attache

Alors Lorient, conséquence à tout ça ?

A L’Orion m’seras-tu port d’attache, étincelle ?

Y n’s’éteint pas ce feu d’toi mais dis-moi ?

Etreins-moi pour voir, d’un peu d’toi

Et d’un peu d’toi, d’moi, d’un chat noir

Voyons si L’Orion, Lorient, disent mieux l’heure en moi

Moi je n’veux qu’miauler l’refrain du feu

Je n’veux qu’m’irradier d’un feu d’joie

Lorient, est-ce que ce s’ra un feu d’toi ?

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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