Les volcans n’ont pas peur du feu
Car quand tout fout l’camp, qu’la lave jaillit
Il reste la vie encore au fond, au corps l’ailleurs
Les entrailles de tout un monde, sans entrave
Les entailles ne sont qu’voie d’ondes, lave en trêve
Et le vent trouvera du jeu à circuler, au cratère
Dans c’que l’air aura d’un peu acre, ou à cran
Traversée d’éclairs : l’aura du volcan
Des clairs de lune le veilleront, rayons fongibles
Les nuits l’éveill’ront, violence intangible
Un temps gigantesque, un temps silencieux comme une fresque
Mais un volcan ne s’dit jamais presque ou à court
Un volcan toujours ça dit : est-ce qu’un jour ?
Ça dit même encore : un jour, ma violence
Un jour mon voile s’ra levé, ma lave lassée d’enfler
Un jeu d’voiles gonflées, de flancs dévalés
Irradiant les vallées trop calmes et douces
Et ralliant les océans, aux vagues alarmées de spasmes
Comme le fracas d’un fantasme, armé d’désir
Jean-Marie Loison-Mochon