L’amour peut être surpassé

Je fais des découvertes et j’aimerais te les partager

Nous sommes à la saison où les scènes se font toutes vertes

A laquelle des lueurs, sur les peaux, jouent à patauger

Et moi je n’ai pas l’humeur triste mais je m’allume le refrain d’un cierge

Un vœu, pour conjurer en encre, en pensées, en mots à toi adressés

Cette découverte qu’aujourd’hui j’ai faite et qui oui,

Aurait le goût de défaite

On jurerait que le monde, on le perçoit bien déjà

Les neiges d’hiver ajournées, on s’aperçoit sous la fonte qu’il y avait tout ça de sens

Tout ça de vie prête à pousser

Ce redoux-là serait comme : optimisme

Ce doux rêve qu’ont certains, de se faire éveillés

Moi je préfère la réalité jointe à l’inconscient, le rêve d’accord

Mais la profondeur, d’abord, des joies, des souffrances

Déjà je te perds ? alors j’en reviens au nord de mon idée

Que ma découverte d’aujourd’hui aurait pu me perdre

Elle m’est venue d’un être, d’une lettre unanimement triste

Bêtement triste

Mais la tristesse est un vêtement dont se revêtent certains êtres

Et j’espère que tu ne verras pas de traîtrise à rebondir sur nos derniers échanges

De ces pensées qui séchant sur le fil de mes jours récents

M’ont fait réentendre de ces êtres-là qui dramatisent, catalysent l’absurde en problème

Jusqu’à créer, par on ne sait quelle force, des cataclysmes en nous, entre eux et nous

Séismes venus du fin fond des âges, même que je ne saurais dire lequel, d’âge

Celui de leur immaturité ?

Sur le quai qu’ils occupent, comme des vagues scélérates

Et se les ramassant tout autant, comme tout le monde ses dents à la fin

Par cet excédent d’émotions qui travestissent la relation, le lien, l’affection

L’amour

Traversés par cette irradiation soudaine, les voilà possédés par tout sauf la sérénité

Transe et pulsions, transpiration sur leur monde d’une malsaine énergie

Et j’en viens ici à faire le pont entre ce que nous comparions

Et ce que ton comparse ou la mienne, pour rien, créaient de lésions

Dommages causés, ecchymoses surdosées à la peau du monde

Le petit monde commun d’un amour, fissuré, blessé, s’éventrant tout seul

S’éventant

Je sais, vient le temps d’en finir enfin

A dire ma découverte dans des couleurs de printemps

Que la dramaturgie, ou le drap d’immaturité de certaines âmes

Que celles-ci agitent, mues par la souffrance, la crainte…

M’ont fait aujourd’hui voir, ce que je dois maintenant bel et bien croire

C’est-à-dire que certains passés, certaines histoires

Majeurs, peuvent se rendre comme dérisoirement tristes

Pour me faire dire ici sans plus d’atours, sous le feu reverdissant d’où le refrain du renouveau porte

Que l’amour peut être surpassé par la peur et la douleur

Jusqu’à emporter ce qui paraissait simple ou sain, puissamment implicite

D’un souple signe de main, faisant un vague au revoir

Depuis le quai d’en face, celui sur lequel peurs et douleurs passent et repassent

Jean-Marie Loison-Mochon

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