A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

Je me rassérène de cette dernière joute

Poésie à peine imbibée

Sur l’biberon j’ai à peine lésiné

Oh ! Et si en chat noir j’ronronnais ?

Surimbibé des chaleurs de la nuit

Serein, brisé, à l’heure de la fuite

Ses reins, la brise et l’heureuse fin

Ses reins dans le sang, fiévreuse du 1

Han ! Dédain des plus grands après

Quand ! Après n’est plus qu’immense déclin

Et ses fesses me clignent de l’œil

Elle s’affaisse en une vigne que j’cueille

Ses fesses divines que j’effeuille

J’enquille son vin sans soupçonner la fin

Je cuve son sang comme un soupçon d’demain

Han ! Poésie à peine abreuvée

Oh ! Et si en chat noir j’me rêvais ?

Et si sur son dos je rivais

Mes yeux comme au pays un rivage

En rien pieu, ce chatoyant paysage

Chat tutoyant de saignants orpaillages

Or la pâleur de ses pages j’la tiens

Et l’argent n’a pas l’heure de l’âge

Pour tout pelage une chevelure

Couleur tout en lune échevelée

Pour tout pelage une chevelure

Pourtours d’un paysage en rien sûr

Alors dans l’incertain je plonge pour pillage

Tenant son sein comme l’horizon une plage

Tandis que la fin me dira hors d’âge

Tandis que j’nourrirai la jungle de ses doutes

Candide j’en oublierais tout mais

Mais en candide je n’suivrai pas

Je n’suis qu’un chat noir à la nuit, signant en silence

Dans ses reins saignants qui dansent, mais doutent

Je me rassérène de cette dernière joute

Je mords à ses reins comme dans ses doutes

Je m’en ressers un dans ce dernier jour

Je mords à ses joues assoiffé d’larmes

Je m’en ressers une avant d’rendre les armes

 

Jean-Marie Loison-Mochon

A feu et à sang

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