Je l’avais dit
Il s’agit d’apparitions
Brèves ou fugaces, jamais rêve
Soudain le vide s’agite d’une partition : du vent
A ces fugues assourdissantes, j’aimerais voir
L’envers dans la vie, de la réalité divine
Nous sommes des matérialités évanescentes
¡Adivina! devine alors
Le sens de ces sentiers, la vie qu’à l’orée de l’inconnu…
Il peut se dessiner, en de vaines descentes et futiles remontées
Je redescends de ces hauteurs de vague, au niveau de la mer
Les senteurs du Sud argentin ont six ans
Je suis encore enfant, et pourtant comme ancestral
Hanté de rien, sinon habité par la portée du temps
Je suis un corps en France, m’époussetant homme en ces stries :
Souvenirs et présences, soit les banderilles de piques caressantes
Sous les vents du Sud, je ris toujours, comme au Cerro
Atmosphère au goût de couleurs automnales
Depuis les Andes brillantes, je perçus un peu d’insondable
De son noble élan qui sait lire dans les temps, à la curiosité
Or il s’agit d’apparitions, j’ai dit
De la répartition des sens dans les passé, présent, futur
Ainsi elle apparaît de ci, de là, comme moi sûrement
Dans les distances que le temps créa, dans l’affection qui nous naquit
Elle a pour habitude de surgir comme un souvenir
Comme moissonnant ce qu’un jour sème de douceur dans le temps
Il en est qui cherchent à se tordre de douleur, dramatisant l’échiquier des existences
Moi je crois plus à ce tendre, des lacs colorant d’un bleu-mer les hauteurs
A l’excitant qu’ont ces heures où nous nous voyons reparaître
Il n’est ni excellence ni médiocrité, ni paraître encombrant
Juste l’idée ocre ou rouge et verte et orangé de ces hauteurs
Où nous nous rencontrâmes, en comblant nos yeux d’éclats
Où nous nous rencontrons encore : où nous apparaissons
Enjoués, naissants, nous effaçant, nourrissant ce Sud argentin
Car je l’avais dit : il s’agit d’apparitions
Jean-Marie Loison-Mochon