J’annule la fin, le temps de rien
Ah, l’imposture
Graslin pas si loin
La fin nous viendra
D’un faux flou sur l’accord
D’un gros flou sauf aux corps
Comme un impôt sur l’essentiel
L’imposture d’tes ret’nues
C’t’imposture m’dérouta
Et déroutée tu fileras
Effilant la route à nos corps
La route envoûtante des accords
Désaccordés par des circonstances
Des parts d’ombre qui auront tancé
Jusqu’au feu et au sang : signé
A feu et à sang ! malmenés
On a mal mené l’histoire
Et l’imposture des circonstances
C’t’imposture l’a avalée
Un flot d’freins, fausse gageure
Un trop-plein d’eng’lures
On a gâché du rêve
Agacé l’véritable
Qui à nos lèvres attendit
Ne m’dis pas qu’on s’est tout dit
Tu t’es étourdie au vertige
Paralysée tant par tes vestiges
Qu’à court d’allant pour l’après
Alors on s’court les corps ce soir
C’dernier soir, au s’cours des mots
Nos corps s’parlent sans s’nier
La fin, d’main on y est
Mais on est maintenant ou hier
Et à deux mains j’nous tiens
J’adule tes reins, j’ajuste mes mains
J’annule la fin, le temps de rien
A feu et à sang
En flammes à tes flancs
Toi femme et moi ombre
J’oblique en toi, j’trame
J’oublie qu’demain s’ra sombre
J’oublie, à feu et à sang
J’joue, j’bulle, à feu et à sang
On joute, on scintille, on s’voit
On joua si peu, la joie si forte
Et à feu, en sang, on s’emporte
A feu et à sang, on s’porte haut
On joue, on joua, si peu fort
Comme à ta joue ce trait
De nous on s’extrait, à feu et à sang
Et on flamboie, de feu et de sens
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang