A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

J’annule la fin, le temps de rien

Ah, l’imposture

Graslin pas si loin

La fin nous viendra

D’un faux flou sur l’accord

D’un gros flou sauf aux corps

Comme un impôt sur l’essentiel

L’imposture d’tes ret’nues

C’t’imposture m’dérouta

Et déroutée tu fileras

Effilant la route à nos corps

La route envoûtante des accords

Désaccordés par des circonstances

Des parts d’ombre qui auront tancé

Jusqu’au feu et au sang : signé

A feu et à sang ! malmenés

On a mal mené l’histoire

Et l’imposture des circonstances

C’t’imposture l’a avalée

Un flot d’freins, fausse gageure

Un trop-plein d’eng’lures

On a gâché du rêve

Agacé l’véritable

Qui à nos lèvres attendit

Ne m’dis pas qu’on s’est tout dit

Tu t’es étourdie au vertige

Paralysée tant par tes vestiges

Qu’à court d’allant pour l’après

Alors on s’court les corps ce soir

C’dernier soir, au s’cours des mots

Nos corps s’parlent sans s’nier

La fin, d’main on y est

Mais on est maintenant ou hier

Et à deux mains j’nous tiens

J’adule tes reins, j’ajuste mes mains

J’annule la fin, le temps de rien

A feu et à sang

En flammes à tes flancs

Toi femme et moi ombre

J’oblique en toi, j’trame

J’oublie qu’demain s’ra sombre

J’oublie, à feu et à sang

J’joue, j’bulle, à feu et à sang

On joute, on scintille, on s’voit

On joua si peu, la joie si forte

Et à feu, en sang, on s’emporte

A feu et à sang, on s’porte haut

On joue, on joua, si peu fort

Comme à ta joue ce trait

De nous on s’extrait, à feu et à sang

Et on flamboie, de feu et de sens

 

Jean-Marie Loison-Mochon

A feu et à sang

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