Huir o distraer, je n’y arrive pas – Version traduite
A l’aube, nous sortons
Mais à l’intérieur de moi, cette sorte d’ombre
C’est une ombre de toi, de toi et moi
De mon rêve je reviens
Je ne suis plus maîtresse de mes pensées
Et à l’aube, nous sortons
Dans la montagne, des sortes d’ombres
Mais il monte en moi, mon rêve
Ce rêve d’elle et toi, alités
D’elle et toi, parlant de toi et moi
A l’intérieur crois-moi, on vocifère
Qu’on en sorte ! de toi et moi
Elle et toi, des sortes d’ombres
Comme un sort qu’on lance, au réveil
Comme une lance sortie de moi, au fer tremblant
Dans mon rêve, je te revois offrir
Je te vois offrir, l’histoire à feu et à sang
Je te vois froisser, notre histoire, notre nuit
La dernière, dernière nuit au feu tremblant
Si intime à toi et moi, que tu rends blême
¿Quel est le problème ? C’est un rêve
Mais à l’aube, quand nous sortons
Je suis mon groupe à la frontale
Mais dans la montagne, tu es à la frontière
De mon rêve, avec elle, parlant
Mon rêve perlant de vous, parlant
Parlant de toi et moi, je vous vois
A la frontière de mon rêve, tutoyant l’intime
Monde intime, nôtre
La montagne comme toi et moi
La montagne a comme un goût de toi et moi
J’y monte à la nuit avec mon groupe
A l’aube, de mon rêve je sors
A la gorge j’ai le goût de la colère
Ce goût, ce goût comme de lire
Dans la blancheur, l’encre d’un mauvais livre
Un mauvais rêve, de toi et moi, d’elle et toi acteurs
Dans mon rêve, tu agis sans autorisation
Au matin je m’y perds, sorte d’ombre
On brûla, on saigna, cette nuit-là
Et tu la saignes, dans la blanche heure de l’aube
Cela me brûle, dans la blancheur de la montagne
Que ma peau et mes sens, se rangent aux rayons d’une autre nuit
Autre nuit, entre elle et toi, dans mon rêve
Quand moi, je vais par la montagne ce matin
Ce rêve de toi, crois-moi ça m’atteint
Ça me teint la blancheur des neiges
Quand la neige devrait avoir toute la nouveauté
D’un nous ôté, d’un goût autre et…
Et pas de ce rêve d’elle et toi
De ces signaux comme un livre au trop d’allées
Mon groupe et moi, nous allons dans la montagne
Et nos pas s’échinent au son des neiges
Mais nos passés clignent, dans mon rêve
De cet oeil à la frontière, un œil en moi
Vous voir elle, et toi racontant notre trésor
Est-ce ma récompense, d’avoir été avec toi ?
Qu’on tire à vue, dans mon rêve
Mais non, tu ne tires pas j’ai bien vu
Tu racontes seulement, nos ressentis nos vécus
Mais à l’aube, dans la montagne
Mon groupe je le suis, mais en dedans de moi
J’en suis comme à la frontière, à demi
En dedans de moi, je voudrais fuir
Je partis, de toi et moi, mais ce rêve
Il m’a fait saigner cette nuit, tu sais
Ce rêve colore la neige alors, tu sais
De toi et moi, de la blessure qu’il me fait
Ces matins-là, de la brise sur la montagne
Je sens moins son froid, que celui de ce rêve
Doucereux, duquel j’ai souffert au réveil
Comme un courroux, dans le creux de mes pensées
Homme entends-tu ma colère, de loin ?
Entends-tu ? là-bas au loin dans ton Ouest ?
Homme en sang tu sais, je te voudrais
Car il y a dans ces matins, une fureur
Elle danse en moi, et je ne peux pas
Je ne peux pas éviter, cette essence de toi
Je ne peux pas agiter mes sens et pensées
Je ne peux m’agiter, no
Je ne peux pas fuir, de ce rêve
Je ne peux pas, distraire ou semer ces voix
Fuir ou distraire, je n’y arrive pas
J’y arrivais tant, auparavant
Quand tes cent attentions me déroutaient
Quand maintenant ce rêve me défait
Ces matins-là, je veux aller dans le blanc
Essaimer ta pensée, dans la blancheur vierge
Comme dans un verger de vide, de silence
J’espère qu’au loin, je te blesse
De ce vide, de ce silence au loin en toi
Au loin de moi, qu’il sévit en toi
Seul une sieste saurait évider ce rêve
Mais un sommeil, je pourrais prendre le risque
De te voir à nouveau, dans la poudreuse en moi
Et je ne veux pas, le faire de nouveau
Ce rêve, en respirer la poussière
Comment fis-tu, pour venir dans ces montagnes ?
De loin, tu viens jusque dans ma quiétude
Ultime altitude en moi, lieu de sérénité
Un lieu d’où ne plus m’enserrer de nos passés
Dernièrement je me pensais plus libre
Dans mon esprit, je me croyais détachée
Mais il y a comme dans la neige, une tâche
Et je ne peux l’éviter
L’aube s’en vient, et je te vois encore là
Je te vois, t’étirer à l’horizon d’un matin
Comme avec mes pensées, qui s’étirent de trop
Le jour sera long, je crois
Il faut que je largue au loin, ce rêve
Ou que j’en crève au moins ses sons sournois
Je ne peux m’attarder, il faut que je le tue
Je veux seulement me réveiller, maintenant que nous marchons
Dans les neiges, maintenant va-t’en
Retourne dans les nuages, je n’ai pas le temps
Fais demi-tour et ne reviens pas, dans ces montagnes
Ne reviens pas, dans mes rêves et montagnes
Retiens que je ne peux pas fuir mon esprit
Je ne peux pas, alors où irai-je si tu revenais ?
Je ne veux pas te voir plus, va-t’en cher revenant
Va-t’en ! Ne repasse pas par ici
Va-t’en ! ailleurs, mettre à feu et à sang
Je ne veux pas, que les neiges en fondent
Je veux seulement, que dans mes passés tu te confondes
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang