Les voix d'Agustina - A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

Huir o distraer, je n’y arrive pas – Version traduite

A l’aube, nous sortons

Mais à l’intérieur de moi, cette sorte d’ombre

C’est une ombre de toi, de toi et moi

De mon rêve je reviens

Je ne suis plus maîtresse de mes pensées

Et à l’aube, nous sortons

Dans la montagne, des sortes d’ombres

Mais il monte en moi, mon rêve

Ce rêve d’elle et toi, alités

D’elle et toi, parlant de toi et moi

A l’intérieur crois-moi, on vocifère

Qu’on en sorte ! de toi et moi

Elle et toi, des sortes d’ombres

Comme un sort qu’on lance, au réveil

Comme une lance sortie de moi, au fer tremblant

Dans mon rêve, je te revois offrir

Je te vois offrir, l’histoire à feu et à sang

Je te vois froisser, notre histoire, notre nuit

La dernière, dernière nuit au feu tremblant

Si intime à toi et moi, que tu rends blême

¿Quel est le problème ? C’est un rêve

Mais à l’aube, quand nous sortons

Je suis mon groupe à la frontale

Mais dans la montagne, tu es à la frontière

De mon rêve, avec elle, parlant

Mon rêve perlant de vous, parlant

Parlant de toi et moi, je vous vois

A la frontière de mon rêve, tutoyant l’intime

Monde intime, nôtre

La montagne comme toi et moi

La montagne a comme un goût de toi et moi

J’y monte à la nuit avec mon groupe

A l’aube, de mon rêve je sors

A la gorge j’ai le goût de la colère

Ce goût, ce goût comme de lire

Dans la blancheur, l’encre d’un mauvais livre

Un mauvais rêve, de toi et moi, d’elle et toi acteurs

Dans mon rêve, tu agis sans autorisation

Au matin je m’y perds, sorte d’ombre

On brûla, on saigna, cette nuit-là

Et tu la saignes, dans la blanche heure de l’aube

Cela me brûle, dans la blancheur de la montagne

Que ma peau et mes sens, se rangent aux rayons d’une autre nuit

Autre nuit, entre elle et toi, dans mon rêve

Quand moi, je vais par la montagne ce matin

Ce rêve de toi, crois-moi ça m’atteint

Ça me teint la blancheur des neiges

Quand la neige devrait avoir toute la nouveauté

D’un nous ôté, d’un goût autre et…

Et pas de ce rêve d’elle et toi

De ces signaux comme un livre au trop d’allées

Mon groupe et moi, nous allons dans la montagne

Et nos pas s’échinent au son des neiges

Mais nos passés clignent, dans mon rêve

De cet oeil à la frontière, un œil en moi

Vous voir elle, et toi racontant notre trésor

Est-ce ma récompense, d’avoir été avec toi ?

Qu’on tire à vue, dans mon rêve

Mais non, tu ne tires pas j’ai bien vu

Tu racontes seulement, nos ressentis nos vécus

Mais à l’aube, dans la montagne

Mon groupe je le suis, mais en dedans de moi

J’en suis comme à la frontière, à demi

En dedans de moi, je voudrais fuir

Je partis, de toi et moi, mais ce rêve

Il m’a fait saigner cette nuit, tu sais

Ce rêve colore la neige alors, tu sais

De toi et moi, de la blessure qu’il me fait

Ces matins-là, de la brise sur la montagne

Je sens moins son froid, que celui de ce rêve

Doucereux, duquel j’ai souffert au réveil

Comme un courroux, dans le creux de mes pensées

Homme entends-tu ma colère, de loin ?

Entends-tu ? là-bas au loin dans ton Ouest ?

Homme en sang tu sais, je te voudrais

Car il y a dans ces matins, une fureur

Elle danse en moi, et je ne peux pas

Je ne peux pas éviter, cette essence de toi

Je ne peux pas agiter mes sens et pensées

Je ne peux m’agiter, no

Je ne peux pas fuir, de ce rêve

Je ne peux pas, distraire ou semer ces voix

Fuir ou distraire, je n’y arrive pas

J’y arrivais tant, auparavant

Quand tes cent attentions me déroutaient

Quand maintenant ce rêve me défait

Ces matins-là, je veux aller dans le blanc

Essaimer ta pensée, dans la blancheur vierge

Comme dans un verger de vide, de silence

J’espère qu’au loin, je te blesse

De ce vide, de ce silence au loin en toi

Au loin de moi, qu’il sévit en toi

Seul une sieste saurait évider ce rêve

Mais un sommeil, je pourrais prendre le risque  

De te voir à nouveau, dans la poudreuse en moi

Et je ne veux pas, le faire de nouveau

Ce rêve, en respirer la poussière

Comment fis-tu, pour venir dans ces montagnes ?

De loin, tu viens jusque dans ma quiétude

Ultime altitude en moi, lieu de sérénité

Un lieu d’où ne plus m’enserrer de nos passés

Dernièrement je me pensais plus libre

Dans mon esprit, je me croyais détachée

Mais il y a comme dans la neige, une tâche

Et je ne peux l’éviter

L’aube s’en vient, et je te vois encore là

Je te vois, t’étirer à l’horizon d’un matin

Comme avec mes pensées, qui s’étirent de trop

Le jour sera long, je crois

Il faut que je largue au loin, ce rêve

Ou que j’en crève au moins ses sons sournois

Je ne peux m’attarder, il faut que je le tue

Je veux seulement me réveiller, maintenant que nous marchons

Dans les neiges, maintenant va-t’en

Retourne dans les nuages, je n’ai pas le temps

Fais demi-tour et ne reviens pas, dans ces montagnes

Ne reviens pas, dans mes rêves et montagnes

Retiens que je ne peux pas fuir mon esprit

Je ne peux pas, alors où irai-je si tu revenais ?

Je ne veux pas te voir plus, va-t’en cher revenant

Va-t’en ! Ne repasse pas par ici

Va-t’en ! ailleurs, mettre à feu et à sang

Je ne veux pas, que les neiges en fondent

Je veux seulement, que dans mes passés tu te confondes

 

Jean-Marie Loison-Mochon

A feu et à sang

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