A l'anarchie du désir

Fragment 20 – Objet qui n’objecte pas

Des semaines enfermés, dès quelques mois ensemble

Repaire du Trou noir, de pleines heures immergés

A-t-on moisi si vite que déjà minés de lourdeur ?

Passionnante peau, ma rage effleure tes sueurs d’inertie

Est-ce si vital d’ajouter l’argent et les jugements à ton arsenal ?

A même ton corps je suis hanté, par un nuage de contraintes

Une suante insistance sur les bourrelets naissants de ma peur d’homme

 

Négligence et vapeur de tes mots, dégoulinent de tes émotions de corps

On se disait faits d’écoute et par des couteaux je voudrais trancher ta moiteur

Il y a ces coups qui trop tôt sont venus me dérouter

Rail de tes reins, de ces maux, qui coûtent à mon désir et l’écrasent

 

Je n’ai jamais eu de retour en arrière sur mon désir, par du dégoût, sauf si nous montrions l’un ou l’autre de la négligence. Un corps contre moi m’est avant tout autre chose, au-delà. Je veux le hanter, et y revenir, être l’esprit rodant dans l’esprit, être hanté moi-même. Peu m’importent la taille de tes seins, la largeur de ton ventre, l’embellie de tes fesses : je m’en taillerai ma part d’imaginaire, de facettes nouvelles, tes fossettes ou tes joues, tes os secs ou sertis de juste une peau : ton corps je l’étreindrai, ne pouvant que l’aimer. Et pourtant ce jour, cet après-midi, tu arrives à limer cette idée en moi. Mon amour je suis allumé de toi depuis quelque temps maintenant, tu le sais. Mais là, en cet instant, je te déteste, de la haine autant que je t’aime. Je suis sous toi et tout est une horrible métaphore. Tout a forci entre nous, jusqu’à nos corps, nos mouvements sont soudain farcis d’un peu de distance, d’un peu d’inertie. Cela est ton œuvre. Oui, il est facile de dire à qui la faute mais je n’ai pas de mal à dire mes torts à d’autres heures. Cela est ton œuvre, avec tout ce que tu fais peser sur moi de tes peurs insatisfaites, de te conformer au maternel. Je t’aimerais un peu plus père, quitte à ce que tu me sois un peu plus homme. C’est ici aussi un genre nouveau de toi que je découvre. Ton enthousiasme sur moi m’énerve, ton semi-oubli de toi-même dans tes soupirs m’irrite. Quel est ce parfum ? Je n’avais jamais aimé que ton odeur. Tu sues, de nos pores négligés : les fruits de ton corps m’avaient toujours saisi de désir. Tu pèses et me tiens dans tes va-et-vient, comme un rail au droit chemin. Je vais en toi, je reviens. Cette baise m’ennuie ; avant nous couchions. Ta peau rose me dégoûte. Je suis pris, figé par l’esprit. En moi c’est toi qui vas, qui reviens, écrasant mon désir comme en un bras de fer. Mais je ne peux pas perdre. 

 

Des semaines enfermés, dès quelques mois ensemble

Repaire du Trou noir, de pleines heures immergés

A-t-on moisi si vite que déjà minés de lourdeur ?

Passionnante peau, ma rage effleure tes sueurs d’inertie

Est-ce si vital d’ajouter l’argent et les jugements à ton arsenal ?

A même ton corps je suis hanté, par un nuage de contraintes

Une suante insistance sur les bourrelets naissants de ma peur d’homme

 

Négligence et vapeur de tes mots, dégoulinent de tes émotions de corps

On se disait faits d’écoute et par des couteaux je voudrais trancher ta moiteur

Il y a ces coups qui trop tôt sont venus me dérouter

Rail de tes reins, de ces maux, qui coûtent à mon désir et l’écrasent

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