Féminine cartographie - Jean-Marie Loison-Mochon - Crépuscule d'un cycle

Féminine cartographie

A plein ou au quart

Comme d’une île à l’été

La page est alliée de mon inconscient

Dont l’encre dit encore ! de l’allaiter encore

Comme une plage impossible à figer

Car la marée s’agite et caresse, revient, régresse

L’amarre est physique mais l’amorce, immatérielle

Le corps s’arme de perspectives

De courbes, évasives et imprévisibles

Et si l’on s’y perd dans ces coursives ?

Il faut s’y perdre, justement

Physiquement ou en esprit car la justesse ment

Une caresse méprise la précision des yeux

L’ivresse est l’imprécision des dieux

Des divinités on fusionne

A ces courbes alors, il faut vinifier

Comme en des collines sur Tenerife

Presser des pouvoirs dignes de la mescaline

La messe qu’à sinuer on se fait

Le corps du cri, le sang d’un soupir

La prestance d’une faille en montagne

L’effervescence de l’effort, d’un corps faillible

S’alliant à l’intangible des hauteurs

Saillant alliage, où affiner sa caresse

Course à la féminine et excessive force

Comme l’encre dit encore, ce trait culmine

C’est ancré dans un tissu lointain

Dimension où l’on tonne à l’insu de tout

Rien ne s’y fige car tout y est mouvant

Comme un magma de mouvements et émotions

Des liens s’y cartographient, s’éprouvent, se démontent

La démence serait de limiter la carte

Ne plus que l’imiter, la reproduire

Hélas en agissant ainsi, elle se fera plus courte

Car cette course est au contraire, bruissante

Puissante de par l’expansionnisme à ses contrées

Et s’il était une fois, si l’île était une femme

L’horizon est la seule aire au pouvoir démontré

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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