En mes rêves
« Confiar en mis sueños »
« Avoir confiance en mes rêves »
La répartie facile aujourd’hui serait celle-ci :
De savoir ! quels sont-ils ?
Et appliquée à ma voix, réitérée de mes vues :
Quels étaient-ils ?
A piquer des colères changeantes quand tu disais vivre celui
De l’amour, qui évidemment n’a rien de cela
Qui s’écrit d’un inlassable pathos dans les livres
Amour, de là, dans les vides et manques
Après les manquements, la vie dantesque : au masque miséreux
Tes rêves, quels étaient-ils ?
Passant ton temps à étêter l’hydre alors
Qu’il s’agissait de nos forêts, de l’orée de nos futaies
Et maintenant éplorée, à genou sur le sol de cette île désertée
Peux-tu me dire ce que tu désirais tant ?
Pour en prendre si peu soin, de ce bois commun
Jusqu’à en faire du feu si besoin
De ce biais je ne comprends plus et cela nécessiterait
Que tu m’explicites les règles qui régissaient tes rêves
Pour faire qu’au final tu faillis tant !
Et rugissais pour des feuilles mortes
Ou que le vent s’emportait à caresser la baie
Et tu surgissais divine et terrible, furieuse comme le pire des périls
A ton propre rêve, à ses portes qui s’ouvraient
Dans mes bras, dans le risible que je t’aurais voulu pour face aux maux
Attentant à tes prophéties par des facéties d’anges autour
Qui gravitaient capricieux dans ton esprit
Qui gravaient des lames dans le tronc commun : l’amour
Qui aggravaient les larmes dans le fond de l’anse
De sur le sable, d’où sirène tu ne chantais plus mais hurlais
De cette insatiable et imprévisible prédisposition de tes rêves
Qui me recréait une prémonition vécue et revécue…
Que cette nature allât vaincre jusqu’à celle qui l’engendrait
Et maintenant que nous voilà perdus, toi aussi défaite que moi
Je me demande, ces rêves, quels étaient-ils ?
Pour qu’amour, désir, art et enfant ne suffisent pas
A calmer l’enfer de fureur, de cette froideur changeante qui t’aveuglait
A inciser toujours plus dans la candeur, jusqu’à ce que de ces rêves…
Ainsi tout s’en brisa
Jean-Marie Loison-Mochon