En gageant
Le ciel c’est par ici
Et ces parts de moi, qui signent des pensées
Comme des voix, multiples et illicites
Rien ne m’en sépare, est-ce que je les nourris ?
Comme une noria, d’émules tristes
Pensées, pensées, l’une suscite-t-elle l’autre ?
Ou est-ce d’avoir vécu et d’être à pister ?
Mes erreurs, mes regrets, mes remords, que je connais
Dont je ne méconnais pas la portée
Qu’au bord des rivages, je pensais laisser s’emporter
Mais comme être ne se résume pas à décider… ?
Qu’au corps on fait des virages, mais !
Que l’âme laisse le sang porter
Des messages, d’amours et blessures
Et que rien ne sert de faire la moue, dédaigner :
Elles sont sûres, ces vagues, de gagner la rive
Du conscient, quand des rides se font naissantes
Que des bris de soi se fondent un sentier au présent
Tout puissant et si fragile, qui ne dure rien
Qu’un instant, qui puise étrangement
Dans le précédent comme le suivant
Pour une mixture qui se veut nimbée d’influx
Remède au venin, pour un état de l’âme
Emoussé ou tranchant, mais pas pressé d’en finir
Avec ce voyage tant prisé, qu’est la vie
En gageant qu’avec ce bagage, je saurai repartir
Jean-Marie Loison-Mochon