D’une grâce de raie manta
Il y a quelques jours, on m’a parlé du Paprec-Arkéa, embarquant un Yoann et deux Yann. On m’a parlé d’un navire et ses foils ayant l’air comme d’une raie manta.
Et puis voilà qu’un jour avant le départ, un copain vient me voir depuis sa Nouvelle-Zélande. Saviez-vous ce qu’il m’a raconté? Que dans la mythologie Māori, l’île Nord de ce pays est une raie manta? Que Wellington se situe dans la tête? Que l’île-Sud est le navire d’un dieu, s’essayant à pêcher cette raie manta? Moi, je ne savais pas.
Mais dans ma pêche aux images, avec ces mots de mon ami Ian de Wellington, la trajectoire de ce texte était déjà toute tracée.
D’une grâce de raie manta
On m’a parlé d’une raie manta
Et ça remonte là car
Car on m’en a reparlé, pas plus tard que ce matin
On m’a parlé du Paprec-Arkéa, déjà
On m’en a reparlé parce que j’ai là un ami
Qui vient me voir de tout là-bas, de ces îles
De cette île où les élans de Sud se renouvellent
Et cet il ou ami a pris l’élan Nord, pour renouer
Cet ami de Nouvelle-Zélande, un lien doué pour la distance
C’est amusant parce qu’à un jour du départ, je l’ai emmené
Je l’ai emmené voir au port, le Paprec-Arkéa
Qui pas plus tard que demain, oui
Saura s’emmener, prouver qu’il est lui aussi doué pour la distance
Ce ramassis de mots pour dire qu’on me l’a décrit raie manta
De ces créatures qui n’se démontent pas en mer
Qui grâce à ses créateurs ou skippers, démontre un fond de grâce
Et ça remonte dans ma tête car mon ami des Maoris
Il m’a décrit deux îles, dont celle où il vit
Dans cette Nouvelle-Zélande où l’île-Nord se dit…
Où l’île-Sud se dit navire d’un dieu Maori
Où l’île-Nord se dit raie manta : alors moi j’en ris
Parce qu’ici à Brest je lui montre ce navire au port
Parce qu’ici Nord-Ouest, ça me monte à la tête
Ça m’est resté là, cette grâce de raie manta
Parce qu’aussi, mon ami de l’île-Nord vit en tête
En tête de raie manta, c’est l’hiver et il tonne
Parce que oui, mon ami est venu de Wellington
En tête dans la rade ? Détonne un navire rouge et bleu
Comme un drapeau d’îles Nord et Sud, où mon ami vit en tête
Alors la raie manta me revient de tout là-bas, des Maoris
Départ demain, pour voir des mains prendre un ris, en rade
Déport de grâce, d’un navire à des regards amis
D’un port Maori à celui de Brest, une raie manta
Départ demain, d’un équipage marin qui remontera la mer
Départ demain, d’un ami Maori en mai
Maori ou raie manta, qui remue en moi ces mots éphémères
Jean-Marie Loison-Mochon