De la Meije aux Salettes

Je vis d’ivresses

Je dévie de mon corps à un autre

Dévier de mon corps à ceux d’ivresses

De mon corps à celui de la route

Je m’éduque un monde à l’anarchie

Je m’édulcore de nuit, de route et de fuite

Je mets du cœur à fuir les grandes routes

Je mets du courage à fuir l’inertie

Les grandes routes du cœur sont faites d’« et si ? »

Des cimes de désir, de descentes décimant l’énergie

Il faut en des endroits, craqueler du ciment

Fendre du béton comme je fends l’air de la Meije à ici

Il faut tendre à l’envers, croquer les Andes intérieures

Les grandes routes du cœur sont d’« et si ? »

Dessinées jamais, s’esquissant toujours

S’effaçant parfois, s’espaçant toujours

C’est lassant ma foi, de s’user sur l’inertie

De fuser de lenteur face à ces grandes voies sans ferveur

Alors pour venir ici j’ai pris par les grands bois

J’ai rodé en sourires sur la Drôme et le Rhône

Porvenir tout près, de tant d’arômes

A éroder le mouvement, mais pas la route

Par la route, le symptôme du mouvement

Des arômes d’après, de sa texture salée

L’ajout d’un sel de sueur et de paisible

Aux Salettes, l’armature d’une amitié

Etincelle ne s’esseulant pas dans le temps des possibles

Et la moiteur de l’été là-haut

Etincelles filantes là-haut, le ciel est un seuil

Et la moiteur de la tente enfantine, dans un ciel sans écueil

J’ai l’écuelle de l’ivresse, à moi les heures d’avant

A nous les heures d’après, sur les voies d’ivresse

L’ivresse d’être à l’été

Librement allaités par la douceur de l’instant

Livre à l’été, nous le rendrons ouvert et en ferveur

 

Jean-Marie Loison-Mochon

Crépuscule d’un cycle

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