A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

Con ese abrazo, à nos torses bombés

Au dernier matin, Agustina donne sa vision d’une étreinte, abrazo en espagnol, qu’elle et Jules ont, sans savoir que ce sera leur dernier moment ensemble.

Con ese abrazo, à nos torses bombés - A feu et à sang - Jean-Marie Loison-Mochon

Ci-dessous, texte original, texte traduit, version lue/chantée, version lue

Version lue/chantée

Version lue

Version originale

*fredonnement*

 

Intentaré contarte

A tout ou rien, compartir

Tout de ce lien, mi parte

Nous deux, souviens toi, tes rires

Et si la fin survient ¡Acuérdate!

Si la fin s’en vient, que j’vais partir

Ne crois pas qu’pour moi, c’est sin sufrir

Querría continuar, te voir rire

 

*fredonnement*

 

Quelle étrange nuit, anoche

A ranger dans nos chères étrangetés

Quiero olvidar, la première sans bruit

Qui erre au loin déjà en moi, tranche à jeter

Pero même si pas un apogeo

Quiero acordarme, la page aux heures d’après minuit

Quand on a baissé les armes, accord de nous

Armonía ou accord, de feu de sang

En moi il y a le corps de ton rire

Siempre me gustó, te voir rire

Me acuerdo esa vez, cette armoire

Cette fois-là, que belleza entre toi et moi

Vos y yo contra el armario, toi entrant en moi

Ta voix si chaude de ese risa

Quand debout on se hissa l’un dans l’autre

Vos y yo, deux bouts d’humain en presqu’un

Vos y yo en presqu’île : preludio

A nuestra historia, qui n’est qu’un presque, oui

Mais prélude aussi, même impreciso

Preludio à tus risas, quand de désir tu t’irisais

Ese día je pus voir ton visage, à y errer de joie

Ayer je ne le vis pas : ton visage je l’entendis

Te entendí sans te voir, al revés de nos corps

Le rêveur est celui qui n’a pas besoin de tout voir

Ese lugar en toi, j’ai pris soin de le conserver

Dans un lieu bien gardé en moi, ¡creeme!

Sans un lit ces fois, parce que nous n’étions pas un rio

Nous avons ri, aux éclats de la luna

Tes rires me habrán aclarado un peu du vrai toi

Me abrieron la voie vers un genre de nous

Aunque aujourd’hui ma gorge se noue

Anoche, à nos quais nous fîmes voile sans savoir

Sin saber qu’anoche serait la dernière

A nos chers moments, même imprecisos

Je décocherai des pensées, dans l’imprécis futur

Futur au goût de no sé qué encore

Futuro, goût dont je ne veux pas savoir encore

On n’a pas été sequía après minuit

C’est qu’il y avait la pluie de lune et la sangre, el fuego

L’appui de la luna au premier comme au dernier soir

Lluvia de la lune, argent sans valeur pero que riqueza !

Baroque et ça, fue nuestro ritmo

Algo rythmait nos temps, pas seulement en cuanto al sexo

J’en compte autant au moins, de esas veces de tendresse

Algorithme ou théorème, pero ya sabes

Algo rimait en nous, rima au matin

Rima de vos y yo, on montait au rythme de je ne sais quoi

Vos y yo, un théorème de toi et moi

Tout me reviendra, todo, tu me reviendras

Je ne reviendrai pas : tout dort maintenant, todo

Pero tu reviendras en moi, como una rima bella

Même si déjà je n’entends plus que de lejos

Le théorème de tu risa, j’ai la gorge qui se noue

A la gorge de nos rires, a sangre y fuego de flou

A la forge en nourrir nos feux, mis recuerdos

Tu risa de lejos, ou le silence ce matin

Tu pris à partie mi profundidad, dans l’instant suivant

Tu brisas pour partie, el castillo en moi

Comme une abrasion après les chants du chat

Abrazo sin lamento, après ses lamentations félines

Amants tout habillés, ça a été…

Ese abrazo, ça a été profundo, sincero

M’insérer au fond de tus brazos

Como besos mais sans agir plus car comment ?

Quand moi je pensais à la fin, hubo

Ese abrazo, comment venir plus près de mon château ?

Toi chat noir en mi castillo, sin lamento

El sentido t’y emmena, me dérouta d’une fin

Ese abrazo sur ma route, unis ce matin-là

 

*fredonnement*

 

Intentaré contarte

A tout ou rien, compartir

Tout de ce lien, mi parte

Nous deux, souviens toi, tes rires

Oui j’essayais, de te dire

Intentaba decirte

Que dans tes bras, j’ai vibré

Et que ce nous, j’l’ai tant désiré

 

*fredonnement*

 

Unis ce matin-là, une île una sola

Sous la nudité d’une étreinte, un abrazo

Pas de solennité ni de plainte, à l’embrasure

Peu sûre en tus brazos je suis venue

Mes brisures se brouillèrent, mi visión también

Me sentí comme à demi, tu avais vue sur moi

Una vista dont tu n’abusas pas, me abrazaste

A tes bras, là, c’était… tout l’Ouest et tout l’Est

Sans plus de lest ou est-ce tout le contraire ?

Lo contrario, ou le contre à l’air de la fin

No voy a contarte tonterías de ce moment

Pas un mot en moi ne vint, nada

Parce que venant de toi, me vinieron todos

Tout doucement, dans un silence de intensidad

Tu magnais si bien la serenidad

A magnitude telle que moi, gata sauvage

J’en ai savouré le nuage, por mucho tiempo

Como un seul rivage, tempo d’une seule vague

Tiempo sauvage y grácil, humedad des cils

Où m’as-tu donc emmenée, en ese instante ?

Tiempo même pas prémédité, salvaje como dulce

Les doutes s’étendaient, les doutes s’éteignirent

De ce qu’on s’étreignit, ese tiempo

De ce qu’on s’est dit sin decirse nada

On s’est dit tout, ese tiempo lleno

Lleno de vos y yo, un seul chaînon

Est-ce la bonne manière de se dire adieu ?

Eslabón mais pas cadena car

Car de nous, vos y yo

De vos y yo je garde un goût

D’avoir baissé la garde au bout de nuestro tiempo

En el futuro, il faut qu’on le garde en nous

En toute circonstance, ese momento tan tierno

Ce moment tout entier, nos mots n’étaient pas nécessaires

Car nous étions gatos, dans la noirceur del deseo

Pas le désir de nuestros sexos, quoique

Mais là comme deux chats, les queues entremêlées

Ce ne fut pas un lazo, ni non plus un assaut

A mi castillo, je nous ai laissé cette fois, entrar

Rien d’amical au fond de nos bras, lo sabíamos

Ma mine calée à ton épaule, tus ojos en mi pelo

Mes cheveux noir ou argent, te gustaban tanto

Felina l’air triste, felino si statue vivante

A en oublier le mot distante

Car en nous brillait ce flot persistente

Perdue dans tes bras je ne savais plus

Como no arriesgar mon indépendance

Car tu m’habillas de ces regards

Tu me déshabillas de ceux que yo guardaba loin en moi

Como no arriesgar dans cette friction ?

De sentir de nuevo des brûlures, d’anciennes afflictions ?

De golpe sentir más, qu’une simple affection ?

Déguerpir de ese abrazo, je ne pouvais plus

Nous n’étions plus deux mais un solo gato, vos y yo

Quand pourtant c’est là, qu’une dernière fois on se s’ra vus

No sabíamos qu’on cess’rait du tout au tout

Non ça, même moi je n’le sus pas

No supe car je ne suis pas si sage

No supe car je ne suis pas sabia quand ça brûle

Sous tes bras, je n’étais juste plus sauvage

 

*fredonnement*

 

Et si la fin survient ¡Acuérdate!

Si la fin s’en vient, que j’vais partir

Ne crois pas qu’pour moi, c’est sin sufrir

Querría continuar, te voir rire

Alors herirte, évitaré

Car tes rives tes bras, ese abrazo

J’en ai hérité, comme une abrasion

Y s’rait vite arrivée, una lesión

 

*fredonnement*

 

Mais tôt ou tard, lo sabíamos

Tout château, comme du sable s’émousse

Todo castillo devient ruinas

En chats tôt ou tard on se quit… no

Ça brille de trop, ese abrazo

Je suis à nu et tu m’habilles del mundo

Dans mon dos tes mains sont là

Pero no es un lazo, et c’est moi qui n’te laisse pas

Tan cerca et que tu ne m’blesses pas !

Je te serre car ese abrazo me da el vertigo

Soy una gata mais je pourrais perdre, au gré de nos bras

Yo podría perderme ou tomber

En tus brazos ou ton torse bombé

Me siento explosiva, car dans tes bras oui

En tus brazos je m’expose à tout va

Me siento explosive à ne plus savoir que faire

Il se récite au fond de moi, el canto del pasado

Je passe à deux doigts de liberarte

Pero no puedo, no quiero

Que ya pertenezcas au chant de mon passé

J’ondule en étreinte encore, tocando nuestro cuerpo

Je m’y plaque au dos de la paroi, ya no reina

Notre corps est mi reino, éphémère et vulnérable

J’ai vu les rapides soudain, del fin

J’effleure mes ratures contre toi, felina perdida

En ese efímero, mi castillo est en pâture

Je m’effrite au rythme de nos tendresses

Todo es como una pintura, dressée en relief

Somos como una estatua, et c’est à toi sûrement

C’est à toi sûrement qu’on le doit, car del dedo

Con la elegancia de pas une contrainte, moi qui m’suis fichée là

Tu m’as figée, frente a mi pasado, mis deseos de un futuro

No quiero afligirme, no puedo alegrarme

Solo estoy… je nous sens comme une effigie

Je fuis, j’y songe mais je ne suis ni triste ni joyeuse

J’y suis, je vis et replonge en toi, como en la vida

El tiempo se ha parado, la montre a perdu tout sens

Como yo, perdiendo tout sens de l’équilibre

Como ? Soy una gata sans dépendance et libre

En moi, se puede oír el canto, celui du passé

Ese canto que je pourrais haïr, l’ai-je dépassé ?

En moi qu’entends-tu ? Huir o quedarme ?

J’allais fuir mais tu m’as désarmée

Allá, huir ! Pero no, c’est moi qui ai baissé les armes et…

Es un ejército de recuerdos auquel je dois parler

Est-ce un exercice trop difficile, de dire un mot ?

Es un ejercicio demasiado difícil

De n’plus tenir ton dos

Decidir lo que tengo que hacer

Alors à ton dos je me serre

Ne hâtons pas trop el fin

Guardame encore, féline en errance

Dans des sens contraires, me siento cautiva

Es una errancia toute immobile

Comment puis-je être héroïne de ça ?

Es como heroína, ce puits d’affection

Est-ce inhérent à toi, gato negro ?

Es una errancia, garde-moi encore un peu à contre

Cuentame encore un peu, de ces sens silencieux

Tu m’es amer et doux, amargo pero estupendo

Et ce temps suspendu au bord de ton dos…

Mis manos, sens-tu ? s’y nouent

Et je sinue à nos parois : si moi, si vos y yo

Vois mes yeux si chaud ahora

Alors à l’heure de la fin entiendo el sentido

De quand tu te disais moins calme que volcán

Je te serre y mis ojos se llenan, de fuego

Ves ? La sangre au rose irradié de mes joues ?

Je m’ose à desserrer ese abrazo mais no puedo

Mis manos sentent, las equimosis venir

Tus ojos me sont un sentier, je ne veux pas le voir finir

Les miens sont incendiés, no puedo ver claramente 

L’ecchymose est proche, si je délace ese lazo

Ese abrazo ! J’en glisse dans tes poches

Mais la fin ose approcher, no sabemos

No lo sabemos todavía, mais vraiment…

Même si tout dans la vie a sa fin

En ese abrazo que ha parado le temps

No pensaba alors, les mains à ton dos

Qu’il s’arrêterait sur cette parade au tendre écho

Pensaba que pour demain il prendrait fait et cause

Durant cette heure, se ha parado el tiempo

El nuestro también, sans heurt mais

Sans remède a sangre y fuego

Se ha parado el tiempo, apparemment

Car une part en moi me dijo algo : separarlos

Là au rythme de ton torse bombé

Ese algo qui m’fit nous désamorcer, vos y yo

Por fin car félin, féline, de algo c’est vrai

Con ese abrazo, à nos torses bombés

Como en un pozo, on aurait pu tomber

 

*fredonnement*

 

Oui j’essayais, de te dire

Intentaba decirte

Que dans tes bras, j’ai vibré

Et que ce nous, j’l’ai tant désiré

Alors herirte, évitaré

Car tes rives tes bras, ese abrazo

J’en ai hérité, comme une abrasion

Y s’rait vite arrivée, una lesión

 

*fredonnement*

*fredonnement*

 

J’essaierai de te raconter

A tout ou rien, partager

Tout de ce lien, ma partie

Nous deux, souviens toi, tes rires

Et si la fin survient, souviens-toi !

Si la fin s’en vient, que j’vais partir

Ne crois pas qu’pour moi, c’est sans souffrir

Je voudrais continuer à, te voir rire

 

*fredonnement*

 

Quelle étrange nuit, hier soir

A ranger dans nos chères étrangetés

Je veux oublier, la première sans bruit

Qui erre au loin déjà en moi, tranche à jeter

Mais même si pas une apogée

Je veux me souvenir, la page aux heures d’après minuit

Quand on a baissé les armes, accord de nous

Harmonie ou accord, de feu de sang

En moi il y a le corps de ton rire

Ça m’a toujours plu, te voir rire

Je me rappelle de cette fois, cette armoire

Cette fois-là, quelle beauté entre toi et moi

Toi et moi contre l’armoire, toi entrant en moi

Ta voix si chaude de ce rire

Quand debout on se hissa l’un dans l’autre

Toi et moi, deux bouts d’humain en presqu’un

Toi et moi en presqu’île : prélude

A notre histoire, qui n’est qu’un presque, oui

Mais prélude aussi, même imprécis

Prélude à tes rires, quand de désir tu t’irisais

Ce jour-là je pus voir ton visage, à y errer de joie

Hier je ne le vis pas : ton visage je l’entendis

Je te compris sans te voir, à l’envers de nos corps

Le rêveur est celui qui n’a pas besoin de tout voir

Ce lieu en toi, j’ai pris soin de le conserver

Dans un lieu bien gardé en moi, crois-moi !

Sans un lit ces fois, parce que nous n’étions pas un rio

Nous avons ri, aux éclats de la lune

Tes rires m’auront éclairé un peu du vrai toi

Ils m’ouvrirent la voie vers un genre de nous

Bien qu’aujourd’hui ma gorge se noue

Hier soir, à nos quais nous fîmes voile sans savoir

Sans savoir qu’hier soir serait la dernière

A nos chers moments, même imprécis

Je décocherai des pensées, dans l’imprécis futur

Futur au goût de je ne sais quoi encore

Futur, goût dont je ne veux pas savoir encore

On n’a pas été sécheresse après minuit

C’est qu’il y avait la pluie de lune et le sang, le feu

L’appui de la lune au premier comme au dernier soir

Pluie de la lune, argent sans valeur mais quelle richesse !

Baroque et ça, ce fût notre rythme

Quelque chose rythmait nos temps, pas seulement pour ce qui est du sexe

J’en compte autant au moins, de ces fois de tendresse

Algorithme ou théorème, mais tu sais déjà

Quelque chose rimait en nous, rima au matin

Rime de toi et moi, on montait au rythme de je ne sais quoi

Toi et moi, un théorème de toi et moi

Tout me reviendra, tout, tu me reviendras

Je ne reviendrai pas : tout dort maintenant, tout

Mais tu reviendras en moi, comme une belle rime

Même si déjà je n’entends plus que de loin

Le théorème de ton rire, j’ai la gorge qui se noue

A la gorge de nos rires, à feu et à sang de flou

A la forge en nourrir nos feux, mes souvenirs

Ton rire de loin, ou le silence ce matin

Tu pris à partie ma profondeur, dans l’instant suivant

Tu brisas pour partie, le château en moi

Comme une abrasion après les chants du chat

Etreinte sans lamentation, après ses lamentations félines

Amants tout habillés, ça a été…

Cette étreinte, ça a été profond, sincère

M’insérer au fond de tes bras

Comme des baisers mais sans agir plus car comment ?

Quand moi je pensais à la fin, il y eut

Cette étreinte, comment venir plus près de mon château ?

Toi chat noir dans mon château, sans lamentation

Le sens t’y emmena, me dérouta d’une fin

Cette étreinte sur ma route, unis ce matin-là

 

*fredonnement*

 

J’essaierai de te raconter

A tout ou rien, partager

Tout de ce lien, ma partie

Nous deux, souviens toi, tes rires

Oui j’essayais, de te dire

J’essayais de te dire

Que dans tes bras, j’ai vibré

Et que ce nous, j’l’ai tant désiré

 

*fredonnement*

 

Unis ce matin-là, une île une seule

Sous la nudité d’une étreinte, une étreinte

Pas de solennité ni de plainte, à l’embrasure

Peu sûre dans tes bras je suis venue

Mes brisures se brouillèrent, ma vision aussi

Je me sentis comme à demi, tu avais vue sur moi

Une vue dont tu n’abusas pas, tu m’étreignis

A tes bras, là, c’était… tout l’Ouest et tout l’Est

Sans plus de lest ou est-ce tout le contraire ?

Le contraire, ou le contre à l’air de la fin

Je ne vais pas te raconter de bêtises de ce moment

Pas un mot en moi ne vint, rien

Parce que venant de toi, ils me vinrent tous

Tout doucement, dans un silence d’intensité

Tu magnais si bien la sérénité

A magnitude telle que moi, chatte sauvage

J’en ai savouré le nuage, longtemps

Comme un seul rivage, tempo d’une seule vague

Temps sauvage et gracile, humidité des cils

Où m’as-tu donc emmenée, en cet instant ?

Temps même pas prémédité, sauvage comme doux

Les doutes s’étendaient, les doutes s’éteignirent

De ce qu’on s’étreignit, ce temps-là

De ce qu’on s’est dit sans se dire rien

On s’est dit tout, ce temps plein

Plein de toi et moi, un seul chaînon

Est-ce la bonne manière de se dire adieu ?

Chaînon mais pas chaîne car

Car de nous, toi et moi

De toi et moi je garde un goût

D’avoir baissé la garde au bout de notre temps

Dans le futur, il faut qu’on le garde en nous

En toute circonstance, ce moment si tendre

Ce moment tout entier, nos mots n’étaient pas nécessaires

Car nous étions chats, dans la noirceur du désir

Pas le désir de nos sexes, quoique

Mais là comme deux chats, les queues entremêlées

Ce ne fut pas un nœud, ni non plus un assaut

A mon château, je nous ai laissé cette fois, entrer

Rien d’amical au fond de nos bras, nous le savions

Ma mine calée à ton épaule, tes yeux dans mes cheveux

Mes cheveux noir ou argent, ils te plaisaient tant

Féline l’air triste, félin si statue vivante

A en oublier le mot distante

Car en nous brillait ce flot persistant

Perdue dans tes bras je ne savais plus

Comment ne pas risquer mon indépendance

Car tu m’habillas de ces regards

Tu me déshabillas de ceux que je gardais loin en moi

Comment ne pas risquer dans cette friction ?

De sentir de nouveau des brûlures, d’anciennes afflictions ?

D’un coup sentir plus, qu’une simple affection ?

Déguerpir de cette étreinte, je ne pouvais plus

Nous n’étions plus deux mais un seul chat, toi et moi

Quand pourtant c’est là, qu’une dernière fois on se s’ra vus

Nous ne savions pas qu’on cess’rait du tout au tout

Non ça, même moi je n’le sus pas

Je ne sus pas car je ne suis pas si sage

Je ne sus pas car je ne suis pas sage quand ça brûle

Sous tes bras, je n’étais juste plus sauvage

 

*fredonnement*

 

Et si la fin survient, souviens-toi !

Si la fin s’en vient, que j’vais partir

Ne crois pas qu’pour moi, c’est sans souffrir

Je voudrais continuer à, te voir rire

Alors te blesser, j’éviterai

Car tes rives tes bras, cette étreinte

J’en ai hérité, comme une abrasion

Y s’rait vite arrivée, une blessure

 

*fredonnement*

 

Mais tôt ou tard, nous le savions

Tout château, comme du sable s’émousse

Tout château devient ruines

En chats tôt ou tard on se quit… non

Ça brille de trop, cette étreinte

Je suis à nu et tu m’habilles du monde

Dans mon dos tes mains sont là

Mais ce n’est pas un nœud, et c’est moi qui n’te laisse pas

Si près et que tu ne m’blesses pas !

Je te serre car cette étreinte me donne le vertige

Je suis une chatte mais je pourrais perdre, au gré de nos bras

Moi je pourrais me perdre ou tomber

Dans tes bras ou ton torse bombé

Je me sens explosive, car dans tes bras oui

Dans tes bras je m’expose à tout va

Je me sens explosive à ne plus savoir que faire

Il se récite au fond de moi, le chant du passé

Je passe à deux doigts de te libérer

Mais je ne peux pas, je ne veux pas

Que tu appartiennes déjà au chant de mon passé

J’ondule en étreinte encore, touchant notre corps

Je m’y plaque au dos de la paroi, déjà plu’ reine

Notre corps est mon royaume, éphémère et vulnérable

J’ai vu les rapides soudain, de la fin

J’effleure mes ratures contre toi, féline perdue

Dans cet éphémère, mon château est en pâture

Je m’effrite au rythme de nos tendresses

Tout est comme une peinture, dressée en relief

Nous sommes comme une statue, et c’est à toi sûrement

C’est à toi sûrement qu’on le doit, car du doigt

Avec l’élégance de pas une contrainte, moi qui m’suis fichée là

Tu m’as figée, en face de mon passé, de mes désirs d’un futur

Je ne veux pas m’attrister, je ne peux pas me réjouir

Je suis seulement… je nous sens comme une effigie

Je fuis, j’y songe mais je ne suis ni triste ni joyeuse

J’y suis, je vis et replonge en toi, comme dans la vie

Le temps s’est arrêté, la montre a perdu tout sens

Comme moi, perdant tout sens de l’équilibre

Comment ? Je suis une chatte sans dépendance et libre

En moi, il peut s’entendre le chant, celui du passé

Ce chant que je pourrais haïr, l’ai-je dépassé ?

En moi qu’entends-tu ? Fuir ou rester ?

J’allais fuir mais tu m’as désarmée

Là-bas, fuir ! Mais non, c’est moi qui ai baissé les armes et…

C’est une armée de souvenirs à laquelle je dois parler

Est-ce un exercice trop difficile, de dire un mot ?

C’est un exercice trop difficile

De n’plus tenir ton dos

Décider ce que je dois faire

Alors à ton dos je me serre

Ne hâtons pas trop la fin

Garde-moi encore, féline en errance

Dans des sens contraires, je me sens captive

C’est une errance, toute immobile

Comment puis-je être héroïne de ça ?

C’est comme de l’héroïne, ce puits d’affection

Est-ce inhérent à toi, chat noir ?

C’est une errance, garde-moi encore un peu à contre

Raconte-moi encore un peu, de ces sens silencieux

Tu m’es amer et doux, amer mais merveilleux

Et ce temps suspendu au bord de ton dos…

Mes mains, sens-tu ? s’y nouent

Et je sinue à nos parois : si moi, si toi et moi

Vois mes yeux si chaud maintenant

Alors à l’heure de la fin je comprends le sens

De quand tu te disais moins calme que volcan

Je te serre et mes yeux se remplissent, de feu

Vois-tu ? Le sang au rose irradié de mes joues ?

Je m’ose à desserrer cette étreinte mais je ne peux pas

Mes mains sentent, les ecchymoses venir

Tes yeux me sont un sentier, je ne veux pas le voir finir

Les miens sont incendiés, je ne peux pas voir clairement 

L’ecchymose est proche, si je délace ce nœud

Cette étreinte ! J’en glisse dans tes poches

Mais la fin ose approcher, nous ne savons pas

Nous ne le savons pas encore, mais vraiment…

Même si tout dans la vie a sa fin

Dans cette étreinte qui a arrêté le temps

Je ne pensais pas alors, les mains à ton dos

Qu’il s’arrêterait sur cette parade au tendre écho

Je pensais que pour demain il prendrait fait et cause

Durant cette heure, le temps s’est arrêté

Le nôtre aussi, sans heurt mais

Sans remède à feu et à sang

Le temps s’est arrêté, apparemment

Car une part en moi me dit quelque chose : les séparer

Là au rythme de ton torse bombé

Ce quelque chose qui m’fit nous désamorcer, toi et moi

Enfin car félin, féline, de quelque chose c’est vrai

Avec cette étreinte, à nos torses bombés

Comme en un puits, on aurait pu tomber

 

*fredonnement*

 

Oui j’essayais, de te dire

J’essayais de te dire

Que dans tes bras, j’ai vibré

Et que ce nous, j’l’ai tant désiré

Alors te blesser, j’éviterai

Car tes rives tes bras, cette étreinte

J’en ai hérité, comme une abrasion

Y s’rait vite arrivée, une blessure

 

*fredonnement*

S’abonner
Notification pour
1 Commentaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
trackback
2 années il y a

[…] Le texte original se trouve sur ce lien. […]