Cela équivaudrait
A courir les nuits on rallierait l’aube
Ces jours-ci j’ai l’énergie du vide
Je ne voudrais pas te paraître trop obscur
Ce n’est pas que je n’aie rien à dire
Mais tout, aussi, à la fenêtre de ce temps
Je me sème autant que je me récolte
Les tempêtes ou les heures un peu plus blêmes
Au travers de ces rêves, éveillés ou éclos tard
Sous inconscient je chemine, les intentions jamais mauvaises
Je sais qu’il faut plonger pour culminer, en lévitation dans le vide
Plus jeune en des jours pareils, tout m’aurait été apnée
A raccrocher des branches, d’une ivresse à l’autre, d’une facilité à une chute
Bien que toujours il m’aura été clair que la félicité n’était pas mon but
Tous ces mots sonnent quasi testamentaires, mais en fait au contraire
Ma maison est en fête car immatérielle
Je vivote au minimum des nécessités, qui il est vrai, peuvent être des prisons
A maintenir le pouls à des niveaux bas, mais sans en devenir fou
Naissant aux souvenirs ou à l’avenir fourbu de tant déjà
Je lèche des plaies qui extraient mes ressentis
Et sur l’échiquier des émotions, déroute mes visions de pion face à la grande dame
En moi-même je suis pionnier, mais n’ai ni légion ni stratégie
Que d’agiter mes ombres, et d’inviter des yeux en ces régions
Où je cours les nuits, se rallierait l’aube
Et de toute l’énergie du vide, je pourrais agglomérer pénombres et lueurs
En soi cela équivaudrait à énergie divine
Et qui voudrait m’y tenir la main, m’y accompagner
Me tendre la main, y être accompagné
M’entendrait venir tout près, comme une ombre, comme le souffle d’une silhouette
Comme un humain, qui s’entêterait à aller sous la houle
Étourdissante et solitaire : du chaos, souffle ensablé
Sous la dune, ensemble élaborant une entente
Et de temps, tout ce qui en découle
Jean-Marie Loison-Mochon